SCÈNE YII
LA MENDIANTK, LE MEDECIN et LE CHAPELAIN
LE CHAPELAIN
Non, c'est à vous, mon Uévérend, qu'en revient la première idée, mettre sous les yeux de la reine toutes ces blondes et frêles têtes d'enfants. Ce dont elle souffre et meurt, c'est surtout de sa solitude; elle voudrait être aimée. C'est dans un berceau vide qu'a sombré sa raison. Les baisers d'un enfant dissiperont peut-être ce morne cauchemar.
LE MÉDECIN
Oui, je vous l'accorde. C'est à moi que revient l'idée
d'une adoption, mais c'est vous qui vous êtes avisé de ce pèlerinage. Il fallait bien faire naître une occasion.
LE CHAPELAIN
Et c'est ici que doit avoir lieu la rencontre. La procession vient de quitter le villa.::e, et la reine le château. Je suis curieux de voir l'effet du choc.
LA MENDL\NTE, s'approchant d'eux et leur tendant la main. La charité', mes bons seigneurs.
LE CHAPELAIN, se reculant avec terreur.
Eh! qu'est-ce que cela?
LE MÉDECIN
Mais c'est Paffreuse pauvresse qui vendait à la reine toutes ces herbes infâmes et que j'ai fait jeter dehors? (A la mendiante.) Arrière, ne nous touche pas, sorcière.