SCÈNE V
ROTTERIK SEUL
ROTTERIK
Elles ont fui comme un vol de corneilles ! (La bète se soulève sur ses pattes et le regarde fixement.) Oh! ces yeux! veux-tu bien ne pas me regarder ainsi, monstre! (il se prend la tête entre les mains.) Qu'ai-je fait? Dieu tout-puissant, qu'ai-je fait? (Il se sauve, heurte et renverse la table, se cogne aux murs et trouve enfin la porte <iu'il laisse grande ouverte.)
(La reine et la bète restent seules. Rideau II se relève presque aussitôt sur le même décor .^ Silence de cinq à six minutes. La reine demeure toujours évanouie, au pied du lit, dans l'attitude où elle est tombée. La bète, elle, sur le lit. La neige se met à tomber, on la voit voler à gros flocons par le vitrail brisé et la porte que le j)rince, en fuyant, a laissée grande ouverte. Cette porte donne sur une terrasse déjà toute blanche. Le jour baisse ; c'est le crépuscule.)