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ACTE DEUXIEME

Le (l('Cor roprcsente la place d'une pclile ville en Italie. — A l'une dos maisons, dans une niclie. une petil(; nuulouc enlourée de fleurs. Près d'elle, une luuiiôie hrùle.

Au lever (ht rideau, les habitants (jui sont sur la place pn'tent l'oreille à une fusillade lointaine.

L' anxiété est peinte sur toutes les figures.

Tout à coup le bruit cesse, les femmes affolées se sauvent en apercevant au loin les vainqueurs qui font leur entrée dans la ville.

En effet, les soldats français paraissent par la gauche, baionnette au canon, le fusil armé, prêts à épauler.

Les habitants, restés sur la place, se décident à la quitter.

Quelques-uns fuient.

D'autres, plus résolus, regagnent avec calme et à pas comptés leurs maisotis.

Par la droite pénètrent d'autres soldats entourant et acclamant Vincent, qui tient un drapeau ennemi à la main.

Tous se placent sur le devant de la scène.

Le capitaine de la compagnie félicite Vincent de son fait d'armes.

Ce dernier cherche modestement à se dérober à cette ovation.

Tout à coup, le bout d'un canon de fusil se glisse entre les persiennes d'une habitation voisine.

L'officier désigne l'endroit et donne l'ordre de débusquer l'ennemi inconnu qui menace sa troupe.

Vincent, à la tête de quelques-uns de ses camarades, parmi lesquels Landry, enfonce une porte et pénètre avec eux dans la maison que l'on vient de signaler.

On entend des coups de feu.

Margot, la vivandière, arrive alors crâne et décidée, pour voir ce qui se passe.

L'officier la met au courant de la situation.

Les soldats reparaissent, traînant après eux l'habitant qui, malgré les luis de la guerre, n'étant pas soldat, a voulu tirer sur eux.

Il implore inutilement la pitié des vainqueurs.

Sur l'ordre du capitaine, quelques soldats l'entraînent.

Son affaire est claire. On va le fusiller.

Vincent sort alors de la maison.

Margot se précipite à sa rencontre, et, lui prenant la tête, l'embrasse sur les deux joues.

Te voilà un héros, mon petit. C'est Margot qui te le dit, et elle s'y connaît.

Vincent reçoit ces avances avec froideur. Il recule et prie la cantinière de le laisser tranquille.

Margot, à qui Vincent plaît depuis longtemps, devient de plus en plus pressante et lui tend la joue.

Vincent seretourne froidement en haussant les épaules.

Ce jeu de scène, qui n'a pas échappé à quelques soldats restés à surveiller la maison, excite leur hilarité.

lisse moquent discrètement de l'amoureux transi et de sa résistance aux avances d'une luronne aussi appétissante que l'est Margot !

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