‹ ThéâtreChapitre 122 sur 156 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Ah! s'ils axaient la bonne fortune d'être à la place (le leur camarade, ils ne feraient pas la petite bouche.

Quelques-uns même s'approchent déjà et font mine de la lutiner.

La rirandicre les rabroue de la belle façon.

Cette petite peau-lcà, dit-elle, en montrant ses joues, n'est pas pour vos vilains museaux !

Puis elle leur fait la nique, et sort. Les soldats la suivent en riant.

Vincent s'écarte du çjroupe de ses camarades. Il prend, dans son habit, une ccharpe sur laquelle se détacha en broderie le chiffre entrelacé :

// fait comprendre que ce sont justement les initiales des noms de Lucette et de Vincoit.

Pendant quelques instants, il'regarde ce chiffon avec mélancolie, car il pense à l'absente.

Alors, il déboucle son havre-sac, en tire un petit livre dans lequel a séché la fleur que Lucette lui a donnée.

Il embrasse à plusieurs reprises ce tendre souvenir.

(le sera pour elle, dit-il, en montrant l'écharpe.

Il met soigneusement la fleur dans l'écharpe et roule le tout dans son sac, en poussant un soupir.

Le capitaine l'appelle pour lui donner un ordre.

Vincent fait signe qu'il va obéir et sort.

Au même moment, entre Lucette qui a quitté le pays pour rejoindre son amoureux.

Elle est accompagnée de Narcisse qui, par dévouement, l'a suivie.

Ils poussent devant eux une petite voiture à bras chargée de provisions, pour ravitailler les soldats :

58i LUCETTE

paquets de tabac, pipes en terre, blagues à tabac, gilets de flanelle, mouchoirs à carreaux, chemises et caleçons, saxons de ménage, bretelles et bonnets de coton.

Joyeu.r, les soldats entourent la charrette.

Ils examinent curieusement tous ces objets qui leur font envie.

Narcisse étale ses marcliandises et en rante la qualité avec des attitudes de camelot.

Ainsi, il prend une chemise, la déplie, la met devant lui et, avec ses doigts, indique un prix élevé. Puis il fait un geste de dénégation et le prix demandé diminue peu à peu.

Malgré ces rabais successifs, aucun acquéreur ne se présente. Ce qui manque aux soldats, ce n'est pas le désir d'acheter, c'est l'argent.

Narcisse en est pour ses frais de boniment.

Revenant cependant à la charge, il offre encore divers objets qui lui paraissent devoir, par leur nature et la modicité du prix, tenter son public.

A la fm cependant, il parvient à vendre iin bonnet de coton à un des soldats.

Tous les soldats rient et l'enfoncent jusqu'aux oreilles de l'acquéreur.

Lucette, elle, ne pense qu'à retrouver celui qu'elle aime. Elle a paru fort distraite pendant tout le temps que la vente a duré.

Elle a cherché vainement des yeux, parmi les soldats, son amoureux Vincent.

Il n'est pas là ! dit-elle, avec dépit à Narcisse occupé à ranger son déballage.

Cependant, tout à coup, elle l'aperçoit qui rentre causant avec son capitaine, à qui il rend compte de sa mission.

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