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ACTE TROISIEME

Un sapeur peig)ie sa longue barbe avec une baïonnette.

D'autres scènes connques ont lieu.

Margot, le bidon en sautoir, la mine éveillée, fait sa tournée et offre la goutte.

Des soldats, en belle humeur, lui font des agaceries.

Le capitaine arrive et donne des ordres.

Des soldats apportent des tambours pour le conseil de guerre qui va siéger.

Bientôt Vincent apparaît entre deux soldats.

Il est surtout ennuyé et ne semble pas inquiet. Il bâille encore par moments.

Les officiers du conseil de guerre entrent et vont prendre place sur les tambours.

C'est un colonel qui préside.

Vincent est amené devant ses juges.

Un officier lit l'acte d'accusation, puis on interroge l'accusé.

Vincent explique que, s'il s'est approprié cette écharpe, c'est qu'il la considérait comme un objet sans valeur. Frappé par la similitude des initiales L. V., il avait songé à la rapporter comme un souvenir à la jeune fille qu'il doit épouser à son retour et qui s'appelle Lucette. Aucun sentiment de cupidité ne l'a guidé. Il le jure, lui, un voleur ! jamais !

La vieille est appelée et, à son tour, elle fait sa déposition.

Vincent oppose d'énergiques dénégations aux affirmations injurieuses de la plaignante. Si d'autres objets ont disparu, ce n'est pas lui qui les a dérobés.

Je suis un lioiiiièlo Iiommp, ajoute-t-il, je n'ai pris que l'écharpe, je le jure sur llionneur.

Le capitaine de la compagnie de Vincent vient témoigner en sa faveur.

C'est un brave soldat, dit-il. Il est estimé de tous ses camarades. J"ai la conviction quil dit la vérité.

Mais le président du conseil hoche la tête.

Vincent, vous reconnaissez avoir pris une écharpe. C'est un fait acquis. Cela suffirait à vous rendre passible de la loi martiale. Que sont devenus maintenant l'or et les bijoux ? Vous étiez dans la maison où ils ont été volés. 11 est permis de supposer que vous vous en êtes aussi emparé et que vous les avez mis en lieu sûr. Toutes les présomptions sont contre vous.

Enfin le colonel invite Vincent à compléter ses aveux, Il méritera peut-être ainsi rindulgence de ses juges.

L'accusé déclare qu'il ne peut rendre ce qu'il n'a pas pris. Il proteste énergiquement, une dernière fois, de son innocence.

Vous n'avez rien à ajouter pour votre défense ? demande le président du conseil.

Non, mon colonel, répond Vincent. Je tiens à mon honneur plus qu'à la vie. J'ai violé la discipline, soit! mais je ne puis être condamné, sans preuves, comme voleur !

Les officiers se lèvent et délibèrent en se promenant.

L'un d'eux parait favorable à V accusé. Les deux autres sont inflexibles. Il y a eu vol. Il faut un exemple. La loi martiale doit être appliquée dans toute sa rigueur.

Le colonel les quitte, va se rasseoir et rédige, sur ses

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