MALVINA, JULES, PAUL, LE QUINCAILLIER, L'AGENT
.1 ce moment, survient l'agent, descendant du fond de la scène, il parait démesurément grand. Il se jette au milieu des combattants, qui, au contraire, fendus, semblent rapetisses. Les duellistes ne font point attention à l'agent et continuent sans relâche la bataille.
l'agent, gesticulant.
Eh bien ! en voilà des mœurs. Voulez- vous vous
322 GIBOULEES DE CŒURS
arrêter ! A-t-on jamais vu chose pareille. Un duel en pleine rue. Circulez ! circulez !
// réussit enfin à saisir les épées des concurrents. Il jette les duellistes à genoux. Parapluies et épées tombent à terre. Tirant gravement du pan de sa tunique un carnet.
Or ça, verbalisons ! Vos noms, prénoms. Duel sur la place publique... Tapage... Affaire grave, très grave...
MALVINA
Monsieur l'agent, laissez-les libres. Ils ne sont pas méchants. C'est moi qui suis cause de tout. Vous êtes bien gentil, vous aussi. Un bon mouvement ! donnezleur la clef des champs.
l'agent, cligna7it de l'œil.
La femme, il n'y a jamais moyen de lui résister- Mais non. . . je ne connais que mon devoir, ma consigne.
mal VIN A, très câline.
Allons, voyons, ne faites pas tant le méchant. Voici mon cœur.
Par-dessus la tête de ses amoureux à genoux, elle tend le cœur de papier. Mais Paul et Jules ont vu le manège. Ils se lèvent d'un bond, et force est à l'agent de les rejeter durement à terre. Malvina remontre son cœur. De nouveau les amoureux se lèvent et de nouveau l'agent les maîtrise et les jette à ses pieds.
l'agent, à Malrina.
Vous êtes un ange et l'on ne peut vous résister.
PAUL, tirant sa montre.
Monsieur l'agent, prenez ma montre.
JULES, brandissant une action de Panama. Monsieur l'agent, une bonne petite action de Panama.