‹ ThéâtreChapitre 25 sur 156 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

fou do votre dispute, vous vous êtes trop désintéressés (lu souper. En cela, vous eûtes gravement tort tous les deux. Quant à moi, je me suis prudemment coupé la parole en mettant les bouchées triples et en buvant pour quatre.

FLORESTAX, gmiucnt.

Mon ciior abbé, je ne m'en suis pas aperçu, donc ça ne compte pas, recommencez.

LABBÉ

Impossible ! pour satisfaire aux lois de nature, on peut souper une fois, mais deux fois ce serait pécher.

ESTELLE

Vous aller vous ennuyer à nous regarder.

LAfîBK

Au contraire. Ce qui réjouit les yeux met toujours lame en liesse... Est-il spectacle plus attractif, plus régalant que celui d'une table bien servie ?

FLORESTAX, qui s'cM rcTtùs à table.

Prenez place, alors. Vous nous aiderez bien à vider ce flacon de vieux vin ?

l'arrk Excellent, mais...

FLORESTA.N

Vous n'en êtes pas h un doigt près?

l'abbé Non... cependant...

ESTELLE

Ne VOUS gênez pas. monsieur l'abljô; je prends la faute et la pénitence h mon compte.

Elle lerse du tin dans le verre de l'abbé.

l'abbé Vous avez toutes les générosités, Madame.

ESTELLE, lui tendant le verre.

C'est de toute justice, puisque je vous induis au péché et que j'y prête la main.

l'abbé, prenant le verre.

Le mot est joli. (Retenant la main d'Estelle dans la sienne.) Ma foi, je n'y résiste pas. (Il baise la main, puis se tournant vers Florestan.) Vous permettez ?...

FLORESTAN

Dame ! contre fortune, bon cœur.

l'abbé Quel époux résigné!... Et vous vous plaignez, Marquise ?

ESTELLE

Décidément, monsieur l'abbé, vous justifiez en tous points votre réputation.

l'abbé Quelle réputation ?

ESTELLE

Celle d'un homme spirituel et galant.

l'abbé, se mettant à table.

A vrai dire, je serais mauvais anachorète; j'aime le monde, la bonne chère et ne déteste point la compagnie des femmes aimables. Tout ce qui est beau et bon me plaît. Ainsi, en ce moment, c'est une joie pour moi de vous voir croquer ces cerises dont le rouge vif pâlit auprès de vos lèvres.

FLORESTAN

Charmant, le madrigal ! mais pas très neuf.

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