SCENE PREMIERE
^oiis allez m'obli.e'or, pour ne pas vous entendre, à n'abstraire dans la déj^iistation de ce nectar cardinaesque que maître Rabelais a si irrévérencieusement lénommé l'eau bénite do cave... Grèce !... je finirais )ar y perdre tout de bon la tète.
FLOHESTAN
Je n'en crois rien.
N'empêche que si je vous faisais un sermon sur la )aix et la concorde qui doivent régner entre époux ■ous m'enverriez prêcher ailleurs... Par pitié, si vous
enez à co (|ue je reste, épargnez-moi !
KSTELLE
Est-ce moi (|ui cherche dispute ?
l'abbé Assurément non.
FLOUESTAX
Alors c'est moi ?
Pas davantage.
ESTELLE
Je n'ajouterai ({u'un mot pour clore le débat.
LABBK
Soit ! pourvu que Flurestan s'engage h ne pas épliiiuer.
FLORESTAN
J'y consens daiitaiit mieux, qu'ignorant de quoi Il m'accuse, je ne puis répondre.
L ABBE
ESTELLE
Je vais vous l'apprendre. Quand vous m'avez fait l'honneur de demander ma main, vous étiez tout feu, tout flamme. Vous ne parliez rien moins que de | mourir si on vous la refusait,
FLORESTAN
Puisque je l'ai obtenue, ne me reprochez pas d'être encore de ce monde.
Les premiers mois de notre union vous avez été parfait, je vous rends justice.
FLORESTAN
N'ai-je pas toujours pour vous les mêmes préve- j nances ? 1
ESTELLE
Oui, mais de plus en plus tièdes. Depuis quelques jours, vous vous montrez distrait, presque indifférent. De ce chang-ement brusque d'humeur, ma tendresse prend ombrage. Un proverbe oriental que mon père citait souvent me revient à propos en mémoire : (( Le feu peut s'éteindre, mais non se refroidir. »
FLORESTAN
Je m'explique de moins en moins...
ESTELLE
Vous ne faites pas grand effort pour cela. Laissezmoi achever.
FLORESTAN
Votre réquisitoire ?
ESTELLE
Si vous voulez. Je me défends et c'est mon droit.