‹ ThéâtreChapitre 28 sur 156 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

^oiis allez m'obli.e'or, pour ne pas vous entendre, à n'abstraire dans la déj^iistation de ce nectar cardinaesque que maître Rabelais a si irrévérencieusement lénommé l'eau bénite do cave... Grèce !... je finirais )ar y perdre tout de bon la tète.

FLOHESTAN

Je n'en crois rien.

N'empêche que si je vous faisais un sermon sur la )aix et la concorde qui doivent régner entre époux ■ous m'enverriez prêcher ailleurs... Par pitié, si vous

enez à co (|ue je reste, épargnez-moi !

KSTELLE

Est-ce moi (|ui cherche dispute ?

l'abbé Assurément non.

FLOUESTAX

Alors c'est moi ?

Pas davantage.

ESTELLE

Je n'ajouterai ({u'un mot pour clore le débat.

LABBK

Soit ! pourvu que Flurestan s'engage h ne pas épliiiuer.

FLORESTAN

J'y consens daiitaiit mieux, qu'ignorant de quoi Il m'accuse, je ne puis répondre.

L ABBE

ESTELLE

Je vais vous l'apprendre. Quand vous m'avez fait l'honneur de demander ma main, vous étiez tout feu, tout flamme. Vous ne parliez rien moins que de | mourir si on vous la refusait,

FLORESTAN

Puisque je l'ai obtenue, ne me reprochez pas d'être encore de ce monde.

Les premiers mois de notre union vous avez été parfait, je vous rends justice.

FLORESTAN

N'ai-je pas toujours pour vous les mêmes préve- j nances ? 1

ESTELLE

Oui, mais de plus en plus tièdes. Depuis quelques jours, vous vous montrez distrait, presque indifférent. De ce chang-ement brusque d'humeur, ma tendresse prend ombrage. Un proverbe oriental que mon père citait souvent me revient à propos en mémoire : (( Le feu peut s'éteindre, mais non se refroidir. »

FLORESTAN

Je m'explique de moins en moins...

ESTELLE

Vous ne faites pas grand effort pour cela. Laissezmoi achever.

FLORESTAN

Votre réquisitoire ?

ESTELLE

Si vous voulez. Je me défends et c'est mon droit.

Page 1