ACTE PREMIER
DON JUAN, se retournant vers ses amis.
Bravo ! bravo ! Nous les aurons toutes les doux à souper. (S'adressant aii.r nuisiriens.) Allons, maintenant les deux sérénades peuvent se rejoindre et jouer ensemble.
[.es musiciens viennent se ranger decant la scène. Don Juan tournant le dos au public se place au centre et bat la mesure des deu.r bras étendus.
Rosaura sort de clie: elle. Sganarelle se met sur son passage et lui ojj're le poing le plus galamment possible.
Don Juan repousse dédaigneusement son majordome, prend la main de Rosaura et l'amène vers ses amis qui la mluent profondément.
LE COMTE PROSPERO et DON LUIS
Elle est divine. C'est une beauté céleste.
SGANARELLE, moqucuT, haussc les épaules Le voilà bien ce don Juan, toujours le même. \moureux fou de toutes les femmes ! Libertin, débauché, va !
SYLVL\, parait à son tour. Elle voit Rosaura au bras de Don Juan et se dirige rapidement vers lui, très en colère.
Ah ! c'est ainsi, j'ai une rivale! Je rentre chez moi.
Les deux amis lui barrent la route.
SYLVLV
Laissez-moi. Je sais ce que j'ai vu.
DON JUAN, rattraimnt vivement Sylvia par la taille. Quoi ? jalouse ? Je vous adore !
SGANARELLE, à part.
Le fourbe ! Cela va se gâter.
ROSAURA, froissée et frappant du pied, tourne le dos
et croise les bras.
Pas de partage, c'est moi ou elle, voilà. J
Elle s'éloigne à son tour.
Don Juan se dirige vers elle. Même déclaration que pour Sylvia.
SGANARELLE, intervenant.
Soyez bonnes filles, ne vous fâchez pas.
DON JUAN va de l'une à l' autre. Les deux femmes
continuent à bouder.
Vous êtes toutes deux dans mon cœur. Point de
jalousie. (Il les attire vers lui.) Tenez, laissez-moi
sceller la réconciliation par un baiser sur vos deux
mains réunies.
Les deux femmes vaincues, sourient et se saluent.
DON JUAN
A la bonne heure ! Ne songeons plus qu'au plaisir. Et maintenant, allons souper et que les musiciens viennent égayer notre festin. Sganarelle, mets-toi à leur tête et fais jouer une marche solennelle.
Don Juan offre majestueusement la main droite à Sylvia et la gauche à Rosaura.
Tous les trois, la main haute, se dirigent à pas rythmés vers l'escalier du palais, suivis du comte Prospero et de Don Luis, qui les saluent au passage.
DON JUAN, près de la porte, s'arrétant brusquement, se ■fi^appant le front et se retournant vers la statue. Ah ! quelle idée, j'oubliais le Commandeur.
SGANARELLE
Oh ! Monseigneur, qu'allez-vous faire !