‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 111 sur 220 · ACTE I, ScàNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, ScàNE III

point, elle ne mérite pas moins la détention perpétuelle. Ce n'est pas seulement comme fille perdue de débauches ; elle est encore une voleuse, une receleuse...

KAUNITZ

Que voulez-vous dire?

LE CHEV.\LIER

Les diamants', dont on a vu Théroigne se parer jadis, j'ai la conviction qu'ils provenaient du fameux collier escroqué par M"ie de Lamotte.

KAUNITZ

En avez-vous la preuve?

LE CHEVALIER

Je la procurerai, si l'on m'accorde du délai. Le plus pressé actuellement, c'est que cette diablesse soit bien maintenue sous les verrous.

KAUNITZ

Ah çà ! veuillez donc m'éclaircir quelque chose : Théroigne, que je sache, ne vous a jamais fait d'injure personnelle. D'où vient que vous marquez contre elle tant d'acharnement?

LE CHEVALIER

Est-ce que votre Excellence me fait l'honneur de plaisanter ?. . . En capturant cette grande coupable, j'ai eu le sentiment de rendre à mon roi un service dont il saurait se souvenir, quand l'anarchie aura pris fin. Mais de quoi me prévaudrai-je alors, si l'on m'impute, dès à présent, de n'avoir arrêté qu'une innocente?

K A u N rr z .

N'insistez pas. J'ai compris... A propos de cette arrestation, Théroigne s'est plainte que vous ayez été plus qu'aimable dans la chaise de poste où vous l'emmeniez. Vous auriez, paraîtil, été très entreprenant?...

LE CHEVALIER

Mon prince, laissez-moi vous expliquer : cette femme tient certainement bien des fils de la conspiration révolutionnaire. En l'attendrissant, son cœur pouvait parler.

KAUNITZ

Quoi qu'il en soit, le dénouement de cette affaire ne nous regarde plus ni l'un ni l'autre. Je ne saurais vous retenir davantage; mon souverain maître va venir décider.

(Kaiiiiiti s'csl levé d'un iiuvivciiiciil ijiti donne coiigr.)

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