ACTE I, SCÈNE V 3I
PAULETTE
S'il en est su quoi que ce soit, nul n'a le droit d'en être certain...
MARIANNE
Vraiment!
Si quelqu'un acquiert une certitude, par exemple, grâce à une confidence, son devoir est de l'oublier.
MARIANNE
Mais, petite malheureuse ! toi, tu es bien certaine, tu ne peux pas oublier qu'ils sont deux vivants, deux bons vivants, je présume, à qui tu partages ta conscience et ta personne, tes instants et ton corps!... Je ne t'entends parler que des convenances d'autrui ! Tu n'as donc pas les tiennes?... Est-ce que la façon dont une divorcée comme moi devient, sur des registres, la femme de deux hommes, à des années de distance entre eux, est-ce que cela peut se comparer à leur appartenir, alternativement, dans la chaude réalité?... Non, vois-tu, pour te garder quelque indulgence, j'ai besoin d'envisager les périls quQ tu braves. Cette audace seule réhabilite un peu la double honte de l'aduhère :
ce mari trompé, avec qui pourtant l'on trompe aussi l'amant.
P A U L E T T E , phiinlivcwnit.
Tais-toi !
(On entend nn coup de timbre.) MARIANNE.
Prends garde I Voici Hubert.
PAULETTE
Mon Dieu ! Renvoie-le vite.