LA FOUI.K
Oh!
l'orateur.
Qiie ceux qui sont las d'être persécutés, d'être bafoués, que ceux-là me suivent! (ludiquant V Assemblée .) Je vais à la barre exiger l'arrestation de tout ce qui pactise avec les Girondins!...
LA FOULK, suivant l'orateur.
En avant!
T H É R O I G N F. , debout sur les marches de la Convention.
Un instant, citoyens!... Je ne vous demande qu'un instant!
DEUXIÈME SANS-CULOTTE
Que nous veux-tu?
THÉROIGNE
Je veux que vous preniez le temps de résister aux conseils de la misère et de la perfidie ! Je veux que vous reconnaissiez, dans les hommes dont vous jurez la perte, une lignée très pure de vos penseurs anciens, de vos meilleurs phi-
586 TllÉROIGNE DEMÉRICOURT
losophes ! . . . L'âme qui veille en eux, âme forte et claire, rebelle aux chimères, affranchie des superstitions, appréciant la vie sans détester la mort, cette âme-là, parmi tous les rayonnements du génie français, représente votre sagesse nationale.
LA FOULK.
Ha ! ha ! ha !
l'orateur.
Ton temps est passé, Théroigne!... On ne t'écoute plus!...
THÉROIGNi; .
Vous m'écouterez, pourtant !
PRKMIF.R SANS-CULOTTH .
Dis donc, Théroigne, tu n'étais pas avec les modérés, le jour où, dans cet endroit même, je t'ai vue tenir les bras de Suleau qu'on tuait !
THÉROIGNE
Depuis cette époque, j'habite les cavernes du remords; et c'est parce que j'en arrive vers vous qu'il faut que vous m'écoutiez !
PREMIKR CITOYKN, (i la foule.
Laissez-la parler.