‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 40 sur 220 · ACTE II, SCKNi; VI "J · texte numérisé non relu

ACTE II, SCKNi; VI "J

Mais je n'ai pas donné le conseil d'opter pour l'amant!... C'est à ton mari que tu te dois!

PAULETTE

Tu viens d'invoquer la voix de ton instinct. Le mien parle aussi. Et le baiser qu'il me dônonce comme le plus impur, ce n'est pas celui que la loi défend : c'est le baiser dont on n'a pas envie...

MARIANNE

Moi, j'estime si haut les pudeurs de la femme que je n'admets pas la possibilité, pour un homme, d'en triompher autrement que par le mariage, oij il promet sa vie et donne son nom!

- Songe à ce que les réalités de l'amour ont de trop prosaïque... Eh bien! une femme en perd la notion avec ce complice près de qui elle palpite de peur et de témérité, pendant que lui la grise de protestations et de remerciements... Mais un mari!... qui s'attribue de vous avoir conquise, une fois pour toutes !

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MARIANNF.

Sans ce titre de mari, tout individu qui me voudrait approcher me ferait l'effet d'un fou, d'un satyre... Mais, par la magie de ce mot : mon mari! je sens ne plus avoir, en face d'un être qui s'appelle ainsi, ni restriction, ni personnalité. Je me confonds en lui I

PAULETTE

Je suis, je t'assure, très bonne amie du mien. Mais je ne me résigne pas à ce que les privautés sur ma personne soient une de ses occupations bourgeoises. Et encore de celles qui ne lui commandent pas d'être aimable!... Non, vois-tu, l'habitude conjugale et ses facilités convenues sont ce qui fait le plus ressembler notre espèce aux bêtes, par l'absence de paroles!

MARIANNE

Ce qui me semble nous ramener vers les animaux, c'est d'ignorer les devoirs, c'est de s'abandonner à des relations plus ou moins passagères, c'est de vouloir être séduite par des compliments et de se donner ainsi pour du sucre!... Il est claiç que nous avons deux façons de sentir. Nous ne pourrons jamais nous entendre.

ACTEII.SCÈNEVI 7)

PADLETTE.

Qui sait? Nous sommes femmes. Nous devons être plus pareilles que nous ne le pensons. (Entre ini domesliquc.) Qll'y a-t-il ?

LE DOMESTIQ.UE, présentant une lellfe.

Un valet de pied attend.

PAULETTE

Il me semble connaître cette écriture... (Aynnt décacheté le pli.) Allons, bon ! (Au domestique.) Dites que je vais répondre. (Le domestique sort.) M'"e do Pogis mère me demande de la recevoir.

MARIANNE

Je la croyais restée en rapports suffisants avec toi pour se présenter sans avoir obtenu audience.

PAULETTE

C'est que, cette fois, elle me demande de recevoir, en même temps qu'elle, ton ancien

mari .

MARIANNE

Lui!

76 LEDÉDALE

PAULETTE

Ils sont, tous les deux, en bas.

Ah!

PAULETTE

On veut recourir à moi pour te persuader au sujet de ton fils.

MARIANNE

J'ai dit : Non. C'est non!

PAULETTE

Mme de Pogis m'adjure d'intervenir pour te rendre service. Je lis bien : à toi-même.

MARIANNE

Trop de bonté !

PAULETTE

C'est une femme scrupuleuse. Pour qu'elle se permette d'alléguer ton propre intérêt, il est certainement en jeu.

MARIANNE

De quelle manière?... Tu me troubles!... Soit ! Sachons, tout de suite, ce qu'il y a làdessous.

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