ACTE II, SCÈNE VI
PAULETTE
Marianne, j'ai à sortir. Il m'est impossible, pour le moment, de faire entrer ces visiteurs, que je ne saurais ensuite interrompre ni brusquer.
MARIANNE
Alors, quand les verras-tu, puisque tu pars ce soir? Quel moyen aurais-je, après eux, de recauser avec toi?... Tu m'as suggéré une préoccupation dans mes sensibilités maternelles; et, à présent, tu veux que je la garde dans l'esprit, indéfiniment !
PAULETTE
Ne sens-tu pas, ma chérie, que je perds la tête? L'heure qu'il va être ne m'appartient plus : je l'ai promise, je l'ai donnée!... Puisjc ajouter les tourments de l'attente à la cruauté des adieux où je me rends?
MARIANNE
Ma pauvre Paulette, j'étais égoïste. Qui ne ïst pas? embrassons-nous!... Fais donc ce le tu as décidé, et laisse-moi faire... Ecris à Inie de Pogis qu'elle ait à monter seule et que îst moi qu'elle rencontrera.
7» LE DEDALE
PAULETTE
Au fait, oui! Pourquoi pas?
(Elle écrit.)
MARIANNE
Je me charge d'en finir!
PAULETTE, an domestique qu'elle a sonné.
Remettez ce mot. (Le domestique sort.) Tu es pâle... Ah ça! ce n'est pas de quoi être si bouleversée que de revoir cette bonne dame!
MARIANNE
C'est aussi l'idée que Max, dont je suis si loin depuis cinq ans, est à cette minute si près!... Sans tes motifs personnels, je n'avais qu'à m'esquiver, et il pénétrait ici!... Sa voix te parlait comme je te parle!
PAULETTE, qui est allée regarder par la fenêtre.
As-tu envie de l'apercevoir?
MARIANNE
Non pas!
PAULETTE, toujours à la fenêtre.
Il est avec sa mère, en victoria... De cet entresol, on est presque à côté d'eux... Ah!