MARIANNE, PAULETTE
PAULETTE
J'ai passé par chez ton fils. Pendant une seconde, je me suis crue moins vieille de quinze
jours, en sentant sous mes lèvres de la chaleur à un petit front.
MARIANNE
Paulettc !
PAULETTE
Te rappelles-tu ces questions et ces réponses que Toto était si glorieux de faire quand il était tout jeune : « Qu'est-ce qui tombe toujours, et ne se casse jamais ? — La pluie 1 . . . — Qu'est-ce qui a toujours froid ? — La terre!... » Ah! le petit ! Comme il doit avoir froid !
MARIANNE
Je voudrais savoir t'exprimer...
PAULETTE, avec énergie.
N'essaie pas ! Dans ces premières heures où tu goûtes, toi, la délivrance, je ne viens pas empoisonner ton bonheur. Je ne veux pas te coûter des larmes... Mais ne dis rien non plus qui me rende impossible d'étouffer les miennes. Aide-moi à ne pas regarder en arrière.
MARIANNE
Que peut-on faire pour toi? Qu'est-ce que tu vas devenir?