‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 63 sur 220 · MARIANNE, PAULETTE · texte numérisé non relu

MARIANNE, PAULETTE

PAULETTE

J'ai passé par chez ton fils. Pendant une seconde, je me suis crue moins vieille de quinze

jours, en sentant sous mes lèvres de la chaleur à un petit front.

MARIANNE

Paulettc !

PAULETTE

Te rappelles-tu ces questions et ces réponses que Toto était si glorieux de faire quand il était tout jeune : « Qu'est-ce qui tombe toujours, et ne se casse jamais ? — La pluie 1 . . . — Qu'est-ce qui a toujours froid ? — La terre!... » Ah! le petit ! Comme il doit avoir froid !

MARIANNE

Je voudrais savoir t'exprimer...

PAULETTE, avec énergie.

N'essaie pas ! Dans ces premières heures où tu goûtes, toi, la délivrance, je ne viens pas empoisonner ton bonheur. Je ne veux pas te coûter des larmes... Mais ne dis rien non plus qui me rende impossible d'étouffer les miennes. Aide-moi à ne pas regarder en arrière.

MARIANNE

Que peut-on faire pour toi? Qu'est-ce que tu vas devenir?

Page 1