‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 66 sur 220 · A,C'IE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

A,C'IE III, SCÈNE V

torSiuh', Elle s'acbdiiiiie ensnile vers une cbaise-longiie, à i^ttiicbf. Au moment lie s'y èleiulre, elle revient baisser eu leillense la lampe qui est proche, sur une table. Un bruit lui fuit tourner la tète.) On vient par là ! (Elle indique la petite porte à droite. Il y est discrètement cogné. Elle y va, et parle au travers.) Qu'y a-t-il?... C'est vous encore!... Non, je ne peux pas ouvrir... A quel propos dites-vous qu'il le faut?... Que se passe-t-il?... L'état de l'enfant ne s'est pas modifié, dites-moi ?... Hein?... Je vous entends mal.. Parlez plus haut... Vous avez la voix étranglée... Pourquoi?... Je vous ai demandé s'il était survenu quelque chose au petit?... Oh! comment ne me répondez-vous pas?... N'êtes- vous donc plus là?... Rien!... Il est parti... Il m'a fait peur et il s'en va! (Elle ouvre la porte, et la vue de Max la fait reculer brusquement. Il entre. Elle recule encore, en jetant une mousseline sur sa gorge nue : et, de l'autre main, elle retient le désordre de ses cheveux.) N'approchez pas ! OU j'appelle !

MAX, laissant la porte enli'oiivcite sur le couloir. Si VOUS faites du bruit, vous réveillerez votre fils.

MARIANNE, à demi-voix.

Vous avez surpris ma bonne foi !

IJO LE DEDALE

M A X , à voix hofsc aussi.

Vous-même, tout à l'heure, vous vous êtes jouée de moi. Ma mère, en me disant bonsoir, vient de m'informer que vous ne seriez plus chez moi demain... Qiiand vous m'avez caché cela, c'était vous qui me berniez !

MARIANNE

Voilà longtemps que je ne vous dois plus compte de mes actes !

Je conviens que vous êtes, envers moi, dégagée de tout, sauf des usages de simple humanité. Si j'ai mérité une expiation perpétuelle, je réclame, du moins, ce qu'on ne refuse pas aux plus misérables condamnés : j'exige mon droit d'être entendu en confession.

MARIANNE

Pas ici! pas ce soir!... Je vous en prie, retirez-vous !

Je ne serai pas dupe. Vous aviez résolu de vous dérober. Pour la dernière occasion, sans doute, que j'ai de vous tenir en face, je ne m'en irai pas, je ne vous laisserai pas fuir.

MARIANNE

Nous allons bien voir!

MAX

Il ne vous reste qu'à faire un esclandre, oui, si c'est cela que vous préférez.

MARIANNE

Oh ! vous spéculez sur ma crainte d'affoler en sursaut notre enfant.

Il n'y a eu, de ma part, aucun calcul. C'est vous qui m'avez retiré le choix du moment.

MARIANNE

Allez-vous-en! vous dis-je. .Allez-vous-en!

Je m'en irai quand vous m'aurez entendu. Je ne m'en irai pas avant!

MARI A N N E

Pourquoi vouloir inutilement nous refaire tant de mal?

MAX

Nous aurons tous les deux, au contraire, un

IJ2 LE DEDALE

soulagement d'avoir vu clair, une fois, dans ce qui nous est arrivé.

MARIANNE

Vous croyez, malheureux ! . . . Vous allez raviver la blessure... Vous y tenez?

MAX

Oui!

MARIANNE

Soit ! Elle a encore de quoi saigner ! (Elle va

fermer la porte du couloir.)

MAX, reprenant l'entretien à voix hante. Voici ce que j'ai à vous dire : je vous ai trahie autrefois, sans être détaché de vous. Je respirais mal, je souflfrais de vous être infidèle. Je n'aurais pas eu longtemps le triste courage de vous tromper. Si vous n'aviez pas découvert ma faute presque aussitôt qu'elle exista, déjà de moimême je me sentais bien près d'y échapper... Mais, devant la catastrophe, je perdis la tête. Au lieu de me regarder comme la seule cause du mal qui nous accablait tous les deux, je me pris à vous en vouloir, à vous, pour m'avoir démasqué. Je vous détestai de m'avoir fait éprouver que j'avais commis un vrai crime!

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