ACTE IV, SCKNli III I5I
reprendre un ancien époux par le moyen d'un nouveau divorce.
MADAMK VILARD-DUVAL.
Alors, le malheur de notre fille est irréparable!,.. Si vous voyez, pour elle, une ligne droite à suivre, une conduite possible, indiquez-!a !
VILARD-DUVAL, à Maiianue.
llcoute, mon enfant : Ta mère m'a forcé d'intervenir en un sujet où j'aurais souhaité que tout mon silence allégeât ta détresse... Puisque j'ai commencé, veux-tu que nous causions un peu plus?
Ah! Je suis tombée si bas!... Dans l'humiliation d'avoir aussi affaire à vous, je ne sentirai que du secours.
\- 1 L A R D - D U V A L , avec aiiloriU.
Tu as été victime d'une minute d'égarement. Tu viens d'entendre que ton premier mari ne saurait te rendre une situation légitime. Je ne te ferai donc pas l'injure de supposer que tu accepterais avec lui des relations clandestines.
MARIANNE
Non ! Je ne me traînerai pas dans une liaison furtivc. Il me serait impossible de supporter l'existence dans des conditions inavouables. Je ne reverrai pas M. de Pogis.
MADAME VIl.ARD-DUVAL,à sa fille.
Tu te flattes, quand il est dans la fièvre de sa victoire, qu'il ne la poursuivra pas!... Allons donc ! Tu l'aimes. Vous vous aimez... Il n'a pas fini d'être sur ta route!...
MARIANNE
J'ai entrevu, depuis quelques heures, le moyen qu'on a toujours d'échapper à trop d'avilissement. J'ai déjà failli me tuer.
VILARD-DUVAL
Oh!
Chasse cette pensée abominable !... D'un caractère comme le tien, elle épouvante!
VILARD-DUVAL
Tu as un enfant, Marianne. Tu ne dois jamais perdre cela de vue. Ton devoir de vivre pour lui c?t SL'pcricur à tout.
ACTi^ IV, SCÈNI-: m
MARIANNE
Mon cher petit! C'est la vision que j'en ai eue... Pardonnez-moi, vous deux!... c'est sa seule image qui m'a retenue, à l'instant de me faire écraser sur les rails !
MADAME VILARD-DUVAL, </ son mari.
Vous l'avez entendue?... Comprenez- vous que nous côtoierons la catastrophe tant que notre iille se débattra dans des considérations qui l'oppriment, tant qu'elle voudra lutter contre un amour qui l'appelle, qui l'attire, et qui a des droits!...
VILARD-DUVAL, à Marianne.
Je te dis que ton seul droit est de racheter ta faute envers Guillaume! Ton seul devoir possible est envers lui!
MARIANNE
Dans le désordre de mon esprit, je n'ai qu'une idée fixe : la désolation de l'avoir trahi.
VILARD-DUVAL
Il est donc urgent d'envisager comment tu
vas pouvoir te comporter en sa préfcncc.
LE DEDALE
MARIANNE, Unifiée.
Je me suis réfugiée ici pour ne pas l'affronter!
VILARD-DUVAL
Il est allé t'attendre. Il est à se demander ce que tu es devenue.
MARIANNE, de iiiciiie. *•
C'est vrai !
VILARD-DUVAL
D'un moment à l'autre, il peut recourir à nous, reparaître dans cette maison.
MARIANNE, de mcine.
En effet !
VILARD-DUVAL
Ce serait déjà étrange à ses yeux qu'après ta longue absence tu n'aies pas eu, pour premier élan, de rentrer au domicile coniugal.
MARIANNE, dans un vwuvemcnl de fuite.
Rentrer chez moi!... chez lui!... Oh! non! N'exigez pas cela! N'y comptez pas!