‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 75 sur 220 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

M A DAME V I L A R D - D U \' A L , à son mari.

Vous voyez bien qu'elle n'en a pas la force.

MARIANNE

Dites que je n'en ai pas l'infamie !

VILARD-DUVAL

Si ton mari entrevoyait la vérité, n'as-tu pas pitié de son désespoir ? Impose-toi la contrainte qui va sauvegarder son repos !

Pour le préserver d'une peine, je suis prête encore à lui sacrifier ma vie, comme il y a quelques heures. Je vous protesterais de ce qu'il m'inspire toujours, si les mots de respect et d'affection ne devaient pas prendre aujourd'hui, sur mes lèvres, une atroce ironie... Oui, tant que je fus innocente envers Guillaume, son amour a été pour moi du bonheur. Mais, maintenant, cet amour, je frémirais de le voir approcher!... Je ne peux pas commander de cyniques obéissances à tout mon être. Je ne peux pas être une créature dont ce ne serait pas fini que l'on disposât tour à tour!... Cela, non!

156 l.ï. UÉDALT.

Je ne le peux pas ! Je ne le peux pas ! Je ne le peux pas !

MADAME VILARD-DUVAL, à son mari.

Mais la laisscrez-vous enfin!... Faut-il donc être femme pour sentir, jusqu'au fond de l'âme, la protestation qu'elle vous crie!

(Un coup de timbre retentit. Les trois personnages dressent la tête, en échangeant un regard d'anxiété tragique.")

VILARD-DUVAL, à sa femme.

Vous n'attendiez personne?

MADAME VILARD-DUVAL

Non.

VILARD-DUVAL, regardant l'heure.

C'est juste le temps d'être revenu. C'est Guillaume.

MARIANNE

Ah!

MADAME VILARD-DUVAL

Allez au-devant de lui. Déclarez que Marianne n'est pas chez nous.

Page 1