ACTE IV, SCÈNE II
SABINE
Ah! cela, oui!... Voyez-vous, Stang}-, il est évident qu'un fil mystérieux n'avait point cessé de me relier à vous. Car, dans le désespoir que Marie-Jeanne se consumât sous l'adversité subie par son ménage, je n'avais pas craint d'assurer, à elle et à son mari, que vous m'aviez déjà favorablement répondu... Il ne faudra pas que vous les détrompiez!... C'était donc vrai que vous veniez vers moi, quand, à travers d'affreuses ténèbres de mon âme, j'ai eu la divination de le déclarer... Il n'était donc pas Dieu permis que ce ne fût point cela qui vînt!... Grâce à ce que votre affection m'accorde, ma fille est sauvée!... Et ce n'est pas tout dire!... Vous arrivez à temps. Ah! vous ne savez pas tout le bien que vous me faites ! Il n'y a que moi qui le mesure !
Depuis l'époque déjà lointaine où vous m'avez écrit dans des termes si pressants, qu'est-il advenu des embarras dont vous m'avertissiez?
SABINE
Le désastre s'est effectué. Mais, par vous.
les conséquences en seront vite palliées... Toutefois, pour ces chiffres, ces argents, je vous en prie... causez plutôt avec mon gendre. De pareils sujets me sont si pénibles, entre nous deux, de vous à moi !
STANGY.
Bref, votre gendre est sur le pavé ?
SABINE
Hélas! oui. Il a signé l'abandon de tous ses droits sur son usine.
STANGY.
Il faudrait lui remettre le pied à l'étricr?
SABINE
Je ne vous aurais pas exprimé ce surcroît d'exigences. Que vous êtes bon de devancer ces causes d'anxiétés futures !
STANGY.
Il me serait doux de vous procurer les soulagements qui me sont possibles.
SABINE
Ah ! je vous retrouve à mon égard le Stangy des meilleurs jours que j'aie vécus. Vous êtes toujours mon Stangy!