ACTE IV, SCÈNE II
STAKGY.
Vous m'avez écrit que monsieur Didier Maravon était un très galant homme, un ingénieur de mérite, auquel il n'a encore manqué que la chance.
Oui. C'est ce que je pense très sincèrement de lui. Si, par vos conseils au moins, par votre expérience, vous pouviez l'éclairer sur sa voie?... D'ailleurs, vous l'avez aperçu chez moi quand il était jeune homme ; il dînait à la maison le soir où vous êtes parti...
STANGY.
En effet! Vous n'aurez donc qu'à nous remettre en rapports.
SABINE
Je ferai cela sans retard, car, moi, demain matin, j'aurai enlevé d'ici ma mère et je serai bientôt loin.
C'est la rigueur du cHmat qui vous chasse si vite?
SABINE
Oui.
STANGY.
Dame ! ces sautes de vent et de température, trente degrés au soleil, dix degrés à l'ombre, le thermomètre au-dessous de zéro la nuit, je comprends que cela effraie dès l'arrivée, lorsqu'on est responsable d'une personne d'âge comme madame Fontenais.
SABINE
Ma fuite va me faire bien rapidement me priver de vous, dans des circonstances où, pour vous exprimer ma gratitude, il me faudrait un temps infini !... Ce que vous étiez dans ma vie, vous m'en avez jadis arraché l'aveu! Je tremblerais d'oser vous le redire...
STANGY, douloureusement.
Sabine !
SABINE
Oui, je vous ai fait du mal. J'ai pu gâcher tout un temps de votre existence... Mais, cependant, vous resurgissez devant moi avec un rôle si grand, si rédempteur, que c'est le ciel, il me semble, qui vous envoie pour que mes fautes et mes malheurs soient terminés. Cette rencontre n'est-elle pas l'annonce que je puisse encore avoir du bonheur?... et peut-