‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 52 sur 134 · ACTE I. SCENE I I4I · texte numérisé non relu

ACTE I. SCENE I I4I

ardeur de jeunesse, à votre foi flambante. Je vous souris comme à un joli feu clair dans la pièce, quand, soi, l'on vient du froid. Et il y a longtemps que j'ai l'hiver dans l'âme !... Vous étiez encore petit quand mes malheurs ont commencé, par la ruine de mon gendre. Vous devez cependant vous rappeler que ma fille fit sa rentrée dans cette demeure en vêtements de veuve, épuisée par les larmes, ayant une orpheline toute pâle sur les bras !

DIDIER

Croyez que je n'oublie, Madame, aucun des deuils, aucune des pertes morales et matérielles qui vous ont jadis frappée dans les vôtres. Et pourtant, lorsque je considère votre maison telle qu'elle est aujourd'hui, j'y suis impressionné comme par un lieu béni : La grand'mère que vous êtes; madame Revel, votre fille; et votre petite-fille, mademoiselle Marie-Jeanne, toutes les trois vivant dans une tendre harmonie , vous me semblez réaliser ensemble un symbole de famille et d'excellente humanité, vous me représentez un admirable triptyque des trois âges.

MADAME FONTEXAIS.

Certes, je serais ingrate si je ne remerciais

le ciel pour ce qu'il m'accorda les moyens de faire à ces deux bonnes enfants, que j'ai près de moi, une existence confortable.

DIDIER

Permettez-moi de dire qu'en outre vous possédez personnellement l'art de vous fltire vénérer et chérir par tous ceux qui vous approchent.

MADAME FONTENAIS.

Flatteur !

DIDIER

Quand j'entends Marie -Jeanne. (Se reprenant)... mademoiselle Marie-Jeanne... s'exprimer sur vous, c'est délicieux !

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