ACTE I. SCEN'E XV 17I
ne me mène à rien. Xon ! vous ne me dompterez plus !
SABINE
Ah! vous me contraignez à m'expliquer, à me démasquer, avant l'événement que j'avais envisagé!... Ai-je donc eu réellement tant d'hypocrisie ou, plutôt, avez-vous' été assez aveugle pour qu'il vous soit échappé que mes sentiments répondent aux vôtres ?
STAXGY.
Quoi? Je ne vous suis pas indifférent ? Vous m'aimez ! Vous avez dit que vous m'aimiez ? C'est bien cela que vous avez dit?
SABINE
Oui.
STANGY.
Q.ue m'apprenez-vous là? Que m'exprimezvous?... si tard !...
SABINE
Je vous le confesse, j'ai cherché, en effet, à obtenir de vous, malgré vous, du délai... N'allez pas, à présent, me reprocher trop d'astuc£. ni me mépriser !...
Ah! ma chère!... ma chérie!... Parlez en toute confiance !
Vous savez, c'est souvent dans la nature des femmes de ne devenir tout à fait franches que quand elles ne peuvent plus faire autrement.
STANGY.
Mais quel prétexte aviez-vous de dissimuler? Était-ce une épreuve? Ne vous jugiez-vouspas assez sûre de moi?
SABINE
Ne vous égarez point. Les considérations que j'ai suivies ne regardaient que ma fille; mais, par cela même, elles m'étaient sacrées.
Je ne saisis pas.
SABINE
Oh! Stangy, voyons!... Ma fille pour qui je suis encore tout au monde ! Sa jeune âme, en train de se former aux grandes sensibilités! N'ai-je pas dû me défendre contre la tentation d'installer, tout à coup, un rival en face