‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 71 sur 134 · ACTE I, SCÈNE XVir · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XVir

non! ne m'exhortez pas à cela! J'en garderais sur toute ma vie, une gêne, une honte !

MADAME FONTENAIS, à Sabine.

C'est gentil ce qu'elle dit là!

C'est en raisonnant de cette manière que je suis allée aux catastrophes.

MADAME FONTENAIS.

II conviendra pour ta fille de mieux s'y prendre que pour toi. Quand nous serons à faire le contrat vis-à-vis d'un futur, quel qu'il soit, j'exigerai que tous les biens présents et à venir de Marie-Jeanne soient placés sous le régime dotal. (A Maric-Jcanne.) Cela signifie que ni ton mari ni toi-même vous ne pourrez jamais toucher au capital. Sais-tu d'avance si une condition aussi rigoureuse ne rebrQiisâPra point le projet de ton soupirant?

Il signera tout, les yeux fermés. Il m'a, de lui-même, exprimé le vœu qu'il ne lui fût jamais parlé d'argent à propos de notre amour... Grand'mère, vous causez souvent avec Didier, vous connaissez la noblesse de son caractère,

la générosité de sa nature... Ah! intercédez en notre faveur! prêtez-moi votre appui.

MADAME F ON TENAIS

Ma foi ! Sabine, les objections qui m'incombaient, pour la sauvegarde des intérêts, me paraissent levées.

Mère chérie ! vous qui ne m'avez jamais fait de peine, faites-moi aujourd'hui tout le bien que vous pouvez ! Mon cœur est si gros qu'il m'étouffe!... Voyez mon émotion! Voyez mes larmes 1

Crois-tu que je n'aie pas envie de pleurer ! . . . Réfléchis, Marie-Jeanne, qu'il n'y a qu'un instant ma pensée te regardait comme ma toute-petite encore, dont l'âme était emplie par mon amour pour toi, par ton amour pour moi. Et, subitement, tu me sommes de jouer mon dernier rôle dans ton bonheur! Il ne m'appartient plus que de l'empêcher, ou bien d'en charger dorénavant un étranger! Tu me frappes de cette révélation que mes baisers, mes caresses, le tendre nid où je t'ai mise, que tout cela ne te suffit plus, que rien d'ici, rien

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