ACTE II. SCÈNE I I
LÉONIE
Avec monsieur Stang}'?
MARIE -JEANNE
Comment l'as-tu appris r
C'est qu'à l'époque où, toi et moi, nous étions jeunes filles, j'ai pu saisir quelquefois des mots, au sujet de ce monsieur, entre papa et maman.
MARIE-JEANNE
Quels mots ?
Tu ne te scandaliseras pas?... Mon père disait : « Je ne suis pas curieux, mais je voudrais bien savoir jusqu'à quel point vont les choses entre madame Revel et monsieur Stangy?... » Cela mettait maman dans tous ses états. « C'est vous, se récriait-elle, qui avez la manie de voir le mal, dès qu'un homme est poli avec une femme ! Le mal n'existe que dans la cervelle des maris comme vous!... » Mais je bavarde et je devrais être partie. Adieu. Mes bébés m'attendent.
MARIE-JEANNE, la reconduisant.
Quelle chance tu as d'en avoir!
LEONIE.
Trois enfants en trois ans, je n'appelle pas ça de la chance !
MARIE-JEANNE
Moi, depuis le temps, je commence à désespérer.
Crois-en mon expérience : cela vous arrive toujours quand on ne s'y attend pas. (Lêonie
sort.)
SCÈlsiE II
MARIE-JEANNE, DIDIER. Didier
entre, soucieux, par la porte de Vallée.
DIDIER
Mon père n'est pas venu ?
MARIE-JEANNE
Non. J'ignorais que nous le verrions aujourd'hui. Comme tu as mauvaise mine ! Pourquoi as-tu l'air si fatigue ? D'où arrives-tu ?