‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 79 sur 134 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Jeanne avant de penser à soi. Nous l'aimons si fort que souvent, l'un l'autre, nous nous en sommes détestés...

DIDIER

Je proteste que je n'ai jamais eu pour vous de tels sentiments.

SABINE

Soit! ce n'est que moi que j'accuse d'avoir nourri une hostilité de rivale, des rancunes jalouses quand il me semblait que, dans les affections de ma fille, vous usurpiez sur ma part. Mais aujourd'hui que, près d'elle, il ne s'agit plus d'un malaise à dorloter, ni d'accaparer des caresses, à cette heure où il s'agit de conjurer un péril, sentez en moi une alliée bien sincère, bien ardente !...

DIDIER

Votre concours m'est indispensable pour obtenir de madame Fontenais les trois cent mille francs qu'il me faut et qui m'ont été refusés partout. Si, à cette dernière porte où je frappe, je suis définitivement repoussé, je vois, avant peu, crouler tout ce que j'ai mis quatre ans d'efforts à édifier, je suis déclaré en faillite...

2o8 LA COURSE UU FLAMBEAU

SABINE

Oh!

Je suis saisi par les huissiers...

SABINE

Ah! misère!... La faillite!... la saisie!... Ces mêmes mots qui, aux mauvais jours d'autrefois, m'emraient dans les oreilles comme des vrilles brûlantes, j'étais donc condamnée au supplice de les réentendre aujourd'hui, chez ma fille!... Mais son apport à elle, Maravon nous a certifié qu'il n'était pas compromis?

DIDIER

Naturellement : la dot de ma femme, en valeurs dotales, est intacte, inerte, déposée à la Banque de France.

SABINE

Par conséquent, quoi qu'il arrive, la ruine de votre ménage ne saurait être tout à fait complète?

DIDIER

Elle sera plus fâcheuse à mes yeux que si elle était complète. Comment! j'aurais réduit à l'indigence celui-ci et celui-là; mais, moi,

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