ACTE Iir, SCENE II 34I
nous respirons. Ne to rappelles-tu pas, dans nos souvenirs de voyage, cette impression que nous avons eue, à la grotte du Pausilippe ? Malgré soi, on dégustait son haleine, on s'écoutait respirer. Pourquoi?... Tout simplement parce que, là, nous connaissions la proximité d'un poison ambiant... Et c'est ainsi que moi, cette opinion dont je suis enveloppé, pour ce qui me reste encore de souffle, je la sais empoisonnée, je ne puis plus me défendre de la sentir délétère, mortelle
SCE'K.E II Les Mêmes, LE DOCTEUR.
LIGUEIL.
Enfin, docteur, vous voici ! Le chirurgien ne vous a pas accompagné?
LE DOCTEUR
Il arrivera tout à l'heure. 11 a tenu à faire immédiatement l'amputation d'une jambe, dont
on est venu lui parler au moment où je passais leprendre... Ah! ilaaussiune fluxion... (faisant une indication sur sa joue) COmme ça! Voilà six mois qu'il recule à se faire arracher un petit bout de racine. Il est sensible comme une jeune miss. (A Nohan.) Eh bien! comment allonsnous, ce matin?
NOHAN
Je vous attendais pour le savoir.
LE DOCTEUR, lui tàtant le pouls.
Vous avez moins de fièvre. (Regardant autour de lui.) Où donc est notre jeune interne?
LIGUEIL.
Il a, païaît-il, découvert une canne à pêche. Et, comme c'est un garçon qui ne peut pas rester un instant sans se rendre utile... Voulezvous que je l'envoie chercher sur les bords de la Seine?
LE DOCTEUR
Bah ! Je n'ai pas besoin de lui pour faire l'examen de la plaie. Mais pas dehors, pas à