ACTE III, SCÈNE III
LIGUEIL.
Enfin, quand saurcz-vous si vous pouvez sauver Nohan ?
LE DOCTEUR
Peut-être tout de suite. Si je constate que la circulation n'est plus rétive, qu'elle se décide à se rétablir avec une régularité suffisante... Au surplus, je vous répète que, au premier aspect, mon impression d'aujourd'hui est devenue moins mauvaise.
LIGUEIL.
C'est que, pour l'instant, il est animé, voyezvous, d'une telle volonté de vivre !...
LE DOCTEUR
Ah! dame! quand un malade ne veut pas mourir... la science perd ses droits!
l'ordonnance, soiiciut de la maison.
M. le marquis est prêt.
(L'oidonnance vient enlever la table.)
LIGUEIL, ail docteur.
Avant de le rejoindre, permettez-moi de vous faire une recommandation qui va vous sembler
singulière... Si l'inspection à laquelle vous allez procéder pouvait confirmer l'espoir que vos paroles laissent renaître en moi, je vous adjure de n'en rien dire devant le blessé, de n'en rien faire paraître.
LE DOCTEUR
Soit! Mais pourquoi?
LIGUEIL.
Cela lui ferait probablement beaucoup de mal.
LE DOCTEUR
Par excès de joie?
LIGUEIL.
Non, au contraire.
LE DOCTEUR
Comment? Un homme — et c'est d'ailleurs bien son droit! — qui a si peur de la mort?
Il n'en a pas peur. 11 redoute seulement de mourir avant d'avoir mené à bien... une affaire... qui exige quelques jours de répit.