ACTE I, SCENE V
Une femme trompée par son mari a bien le droit, n'est-ce pas, de réclamer sa séparation?
LE COMMISSAIRE
Oui, madame. Autrefois, il fallait que l'adultère du mari ait été commis au domicile conjugal. Mais depuis une dizaine d'années, tous les adultères du sexe fort, commis n'importe où, ont été déclarés aussi bons que ceux du sexe faible.
LAURE
Puisque vous êtes le commissaire de police du quartier, la rue Salvator-Rosa est bien aussi de votre ressort ?
LE COMMISSAIRE
Certainement.
LAURE
C'est là qu'est situé le lieu de rendez-vous habituel entre M. de Raguais et sa maîtresse. Moi, comtesse de Raguais, je requiers votre assistance au prochain jour, pour y venir constater le flagrant délit.
Laure !
22 L A L O I D E L il O M M E
KERBEL.
Ne brusquez rien.
LE COMMISSAIRE
Il fluidrait d'abord que je fusse autorisé, après enquête, par le procureur de la République. Mais, avant toute chose, est-ce dans une résidence appartenant au comte de Raguais?
LAURE
Non.
LE COMMISSAIRE
Alors, je ne suis pas qualifié pour agir.
LAURE
Comment?... Il n'y a pas de semaine où je ne lise dans le journal que le commissaire de police est intervenu en pareille matière, dans toute espèce d'endroits de rencontre?
LE COMMISSAIRE
A la requête d'un mari, madame, pas d'une femme.
LAURE
Mais vous m'avez dit tout à l'heure. . . Asseyez-