‹ ThéâtreChapitre 108 sur 112 · CLOT ALDO · texte numérisé non relu

CLOT ALDO

Je me prosterne devant vous, monseigneur, résigné à mourir.

SlfilSMOXD.

Levez-vous! — levez-vous, ô mon père ! Veuillez être mon guide, mon confident, mon conseil, veas qui, depuis ma naissance, m'avez élevé si fidèlement! Embrassez-moi.

CLOTALDO.

Que dites-vous?

SIOISMOND.

Que je rêve et que je veux faire le bien, car on ne perd jamais ïe prix du bien que l'on a fait, même en rêve.

CLOTALDO.

Puisque vous vous êtes promis de bien faire, seigneur, je ne vou¿ offenserai certainement pas en vous montrant que c'est là aussi mon intention... Vous voulez déclarer la guerre à votre père? Je ne puis vous conseiller ni vous seconder contre mon roi. Me voilà à vos pieds, tuez-moi !

SIGISMOND

Insolent! traître! ingrat! [A part.) Mais non, ô ciel! calmonsnous ; car je ne sais pas encore si je suis éveillé ou si je rêve. [Haut.) Clotaîdo, je vous sais gré de votre noble conduite. Allez servirle roi. Nous nous retrouverons sur le champ de bataille. {Aux soldats.) Vous, sonnez l'alarme.

CLOTALDO.

Je vous baise les pieds mille fois.

il son.

SIGISMOND

Allons, Fortune, marchons vers le trône; et si je dors, ne me réveille pas, et si je veiïle, ne me replonge pas dans le sommeil ! — Mais que tout cela soit une vérité ou un rêve, l'essentiel est de se bien conduire : si c'est la vérité, à cause de cela même; et si c'est un rêve, afin de se faire des amis pour le moment du réveil.

Tous sortent au bruit du tambour.

Page 1