‹ ThéâtreChapitre 51 sur 112 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Un terrain devant les murs d'un couvent. — Il est nuit.

Entrent EUSEBIO, RICARDO, et CELIO qui porte une échelle. RICARDO, à Celio.

Approche doucement, et applique l'échelle à cet endroit.

EUSEBIO

Nouvel Icare, je veux monter vers le soleil ; et si le sort ne m'est point contraire, j'aurai bientôt atteint le firmament. — O amour! c'est toi que j'invoque!... {A Ricardo et à Celio.) Vous autres, dès queje serai arrivé au sommet du mur, retirez l'échelle, et attendez que je fasse le signal convenu. (A part.) En ce moment décisif et solennel, je ne sais quelle terreur secrète s'empare de moi.

RICARDO

Qu'attendez-vous?

CELÎO.

Hésitez-vous donc, malgré votre courage?

EUSEBIO

Ne voyez-vous pas tous deux cette fl^sie aui se balance deva.

Tft<A ?

RICARDO

Seigneur, c'est un vain fantôme formé par la peur.

EUSEBIO

Moi ! j'aurais peur !

CELIO

Montez donc.

EUSEBIO

Je monte, bien que cette éclatante lumière m'éblouisse. J'irais à travers la flamme, et tout le feu de l'enfer ne m'arrêterait pas.

CELIO

Le voilà entré I

RICARDO

Ce doit être quelque idée, quelque illusion produite par une terreur secrète.

CELIO

Ote l'échelle.

RICARDO

Maintenant, il faut l'attendre jusqu'au jour.

CELIO

11 faut en convenir, il a de l'audace. Pour moi, j'aurais mieux aimé passer la nuit auprès de ma petite villageoise; mais je réparerai plus tard le temps perdu.

Ils s'éloignent.

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