CA MACHA
LISARDA.
11 est donc amoureux d'elle?
C AMACHO.
Non, madame; je ne le pense pas du moins; iï a un autre amour qui l'occupe davantage : et cette uame d'aujourd'hui, ce n'est pas pour peindre, c'est pour effacer.
Quoi donc effacer?
CAMACHO.
Je n'en sais rien, moi... Mais il m'a paru que ce mot d'effacer vous avait piquée... Si vous êtes cette dame, dites-le-moi.
LISARDA, à part.
Je me meurs. (Haut.) Non, vilain insolent, infâme traître, je ne suis point cette dame: je suis la tille du gouverneur, et l'on ne traite pas ici des affaires d'amour. Tant que cette femme sera dans ma maison, n'essayez pas de lui parler, car cette maison est l'asile sacré de l'honneur. Et si vous revenez ici une autre fois, vive Dieul je vous ferai jeter par la fenêtre par quatre domestiques.
CAMACHO.
J'en serais bien fâché î — Quatre, madame? trois suffisent... Que dis-je, trois? deux suffiraient... Que dis-je, deux? ce serait assez d'un... Non, pas même un; la moitié d'un, le quart-, un bras, une main, un doigt, un ongle, c'est assez. Et c'est pourquoi je pars avant qu'ils m'attrapent. Adieu.
Il sort,
1 Todo, que es dama in utro que Como grado de doctor.
Il y a dans ces deux vers une plaisanterie qui est à peu près intraduisible, rue*q*?? très-facile à sa' jr; elle consiste dans le mélange de mots purement latins, avec d'autres qui sont les mêmes en Salin et en espagnol, ou qui ont une grande analogie dans .es deux langues
LISARDA.
Mon infortune est telle, que, jusque dans les moindres choses, le bien se convertit en mal.
Cela ne signifie rien, pour vous «« affecter.
LISARDA.
Non, Celia, il faut que je sache enfin à quoi m'en tenir. J'en avais le projet ce matin déjà. Je lui ai écrit une lettre par laquelle je lui dis que si, par un moyen quelconque, il peut s'échapper aujourd'hui de prison, j'irai le rejoindre où H voudra. S'w faiot dans cette lettre que moi-même je corromprais liieà ¿itf&t
CELIA
A la bonne heure !
LISARDA.
Et en quelque endroit qu'il me donne rendez-vous, j'emmènerai avec moi cette dame : et si mon malheur veut que ce cavalier soit le sien, je renoncerai à ma passion; et si ce n'est pas lui, mon amour vaincra tous les obstacles.
CELIA
Ehï madame, vous savez bien que s'il vous voit toutes deux en présence, ce n'est pas elle à qui ce nouveau Paris donnera la pomme, et que vous le quitterez apaisée.
LISARDA.
Tu me flattes, Celia.
CELIA
Non, madame.
Entre FLERIDA avec sa mante.
LISARDA.
Où allez-vous donc ainsi, Laura?
Avec votre permission, madame, je vais à une prison où est mon âme.
LISARDA, à part.
Non, je ne puis souffrir qu'elle aille le trouver, quand j'ignore encore si c'est lui. [Haut.) Eh quoi l suffit-il dans une maison comme la nôtre de prendre sa mante et de dire : Je vais où il me plaît?