F LÉRIDA
Je suis tellement préoccupée de mes peines, madame, qu'elles ne me laissent pas le loisir de réfléchir avec attention. Puis, je suis bien venue de Naples ici ; il n'y aura rien d'extraordinaire à ce que j'aü/e d ici à la tour.
LISARDA.
Ce sont les personnes chez qui vous êtes qui répondent mainte-
;*;>í DE MAL EN PIS.
iwnit de votre honneur; et que dirait mon père, s'il rentrait et qu'il
ne vous vit pas?
FLRRIDA.
Je serai de retour avant son arrivée; il n'est pas tard, madame..
Ll SARDA.
Il faut que vous m'accompagniez cette après-dînée en visite.
FLERIDA.
Vous voulez que je prenne patience.
L1SARDA.
Vous m'êtes nécessaire.
Je serai de retour à l'instant. Je ne demande qu'à le voir.
L1SARDA.
Je n'y consentirai pas.
FLERIDA.
Je reviendrai aussitôt.
LISARDA.
Cela est impossible... vous avez beau vous obstiner, vous n'irez
pas.
FLERIDA.
Eh bien ! vous avez beau vous obstiner, vous aussi, quoi qu'il arrive, j'irai.
Entre LE GOUVERNEUR.
LE GOUVERNEUR
Comment! vous vous querellez toutes deux? Qu'est-ce donc?
LISARDA, à F 1er ida.
Vous ferez par force ce que vous n'avez pas voulu faire de gré.
FLERIDA, à Lisarda.
Nous verrons.
LE GOUVERNEUR
Eh bien ?
LISARDA.
C'est madame qui voulait sortir de la maison sans vous parler li'abord.
FLERIDA.
Oui. seigneur, parce queje m'en veux aller.
Quoi! suffit-il de dire : Je veux m'en aller?
FLERIDA.
Je confesse que je devais vous demander la permission; mais puisque vous savez qui je suis et de quelle manière je suis ici, vous comprenez que je désire aller voir mon époux.
LE GOUVERNEUR
Je comprends que vous désiriez le voir : mais ce n'est pas pour que vous le voyiez que vous êtes notre prisonnière.
FLERIDA.
Moi, YOtre prisonnière?
lisarda, à part.
Je tremble que tout ne s'éclaircissc.
LE GOUVERNEUR
Vous avez bien peu de mémoire. — Vous avez donc oublié la scène in jardin?
FLERIDA.
Non, seigneur, je ne me la rappelle que trop.
LE GOUVERNEUR
N'êtes-vous point revenue de là prisonnière?
FLERIDA.
Prisonnière? non, seigneur, je me suis présentée chez vous de plein gré.
LE GOUVERNEUR
Quoi! je ne vous ai point trouvée là moi-même?
FLERIDA.
Quoi! je ne suis pas de moi-même venue ici?
LE GOUVERNEUR, à part.
Elle me mettrait en colère, si je ne considérais qu'elle est la fille de don Àlfonse.
FLERIDA, à Lisarda.
Ah ça, madame, expliquez-moi ce mystère.
LISARDA.
Obi, vous êtes prisonnière, à telles enseignes que vous m'avez dit qu'on vous avait trouvée cachée dans une maison.
FLERIDA.
Moi, je vous ai dit cela ? moi !
LISARDA.
De qui l'aurais-je appris autrement?
FLERIDA.
Je n'y comprends rien, en vérité.
LE GOUVERNEUR, à part.
Iule le nie encore! {Haut.) Je vous laisse avec elle, ma (ilL... Tour Dieu! remettez-la*.. Quant à moi, j'y perdrais la tête.
li son
FLERIDA, à Lisarda.
Voyons, dites, m'a-t-on amenée prisonnière?
Non, ma bonne amie, c'était un badinage.
FLERIDA.
Pourquoi me l'avez-vous soutenu alors?
LISAHDA.
Pardonnez-le-moi, Laura, j'y ai clé forcée. Je devais songer à moi,
mm m mal m pis.
Vous viendrez avec moi cette après-dinée, et je vous conterai ce qu eu est.
FLER1DA.
Jusque là je vous suis comme votre ombre.
Lisarda, Flerida et Celia sortent.