ACTE I
destin, le généreux destin qui a voulu que nous nous rencontrions, qui a fait naître en chacun de nous le désir immense de vouer à l'autre toute sa vie
THERESE, vivement. — Ah oui! Ma vie est toi. depuis longtemps et à jamais. Tu resteras mon éternelle pensée, l'univers de mon âme. Et je suis heureuse, tu m'as rendue heureuse. (Avec des larmes dans la voix) plus que je n'ai osé le rêver, en m'avouant que ma patiente et inaltérable tendresse a pu, enfin, éveiller la tienne.
^ BEETHOVEN. — Oh! J'ai le cœur plein de choses à te dire, Thérèse. Mais la langue des mots est si pauvre. ?i impuissante. Mon amour, je te le dirai dans ma langue à nnoi, la musique... en une sonate. Et alors tu verras la grandeur de ma passion. Ah! Il faut, mon adorée, que je sois à toi. que tu sois à moi. éternellement! Tu veux bien, n'est-ce pas. être ma femme ?
THERESE. — Oui. ta femme! (Un silence. Ils ne s'embrassent pas.) Nous allons en parler à Franz qui nous aime beaucoup. Aussi bien, il faut que ma famille le sache.
BEETHOVEN. — C'est vrai.
THERESE. — Il va bientôt revenir de son inspection.
BEETHOVEN. - Le voiJà. (Franz arrive par la gauche.)
22 BEF.THOVEN OU l' HÉROÏQUE