‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 81 sur 105 · MADAME LESERRE, GEORGES, JULES · texte numérisé non relu

MADAME LESERRE, GEORGES, JULES

JULES. — Bonjour, madame Leserre.

M^' LESERRE, lui tendant la main. — Bonjouix, monsieur Ou-bonnier.

JULES. — Georges!

GEORGES. — Jules! (Vigoureuses poignées de mains.)

JULES. — Ah, enfin on te revoit, je\ine poète.

GEORGES. — C'est gentil d'être venu.

M"* LESERRE. — Asseyez-vous, monsieur l'avocat. (Ih s'asseyent.)

JULES. — Quel bon vent t'amène à Liège? Tu n'as pourtant pas de vacances. Tu m'écris seulement de venir te parler, sans me donner de détails.

GEORGES. — Je ne suis que de passage ici. Je me rends à Bruxelles où j'ai trouvé un emploi.

JULES, agréablement surpris. — A Bruxelles! Diantre! Ton rêve! Ça me fait plaisir I Alors tu as démissionné là-bas?

GEORGES. — Oui.

JULES. — Quelle veine! Je suis content pour toi. L;ne chaire de professeur sans doute ^

GEORGES. — Oui, d'anglais à l'athénée communal de SchaerLeek. (On frappe.)

JULES, très mtrigué, à Georges. — A l'athénée de Schaerbeek !

M'^" LESERRE est allée ouvrir au fond.

PIRSONNE paraît et lui donrxe un pain. — S'il vous plaît.

Af^^ LESEFIRE. — Merci.

JULES, étonné, à Georges. — Il y avait là deux places d'anglais vacantes?

GEORGES, un peu nerveux. — Non, une.

JULES pâlit, mais se ressaisit vite. Puis bas. — Elle est donnée.

GEORGES est effrayé, cherche cependant à ne pas se trahir. Bas et un peu gêné, à Jules. — Non?

JULES. — J'en suis car —

M™* LESERRE a déposé le pain sur le buffet, puis elle est revenue s'asseoir. Jules s'arrête. Elle, voyant leur gêne. — Qu'avez-vous donc, vous deux?

GEORGES. — Rien, maman.

M""* LESERRE. — Rien? Pourquoi alors es-tu si effrayé tout d'un coup?

GEORGES. — Effrayé, moi!

M™® LESERRE . — N'essaye pas de me donner le change. (Energique et debout.) Je veux savoir ce que c'est. Parle!

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