MADAME LESERRE, GEORGES, JULES
JULES. — Bonjour, madame Leserre.
M^' LESERRE, lui tendant la main. — Bonjouix, monsieur Ou-bonnier.
JULES. — Georges!
GEORGES. — Jules! (Vigoureuses poignées de mains.)
JULES. — Ah, enfin on te revoit, je\ine poète.
GEORGES. — C'est gentil d'être venu.
M"* LESERRE. — Asseyez-vous, monsieur l'avocat. (Ih s'asseyent.)
JULES. — Quel bon vent t'amène à Liège? Tu n'as pourtant pas de vacances. Tu m'écris seulement de venir te parler, sans me donner de détails.
GEORGES. — Je ne suis que de passage ici. Je me rends à Bruxelles où j'ai trouvé un emploi.
JULES, agréablement surpris. — A Bruxelles! Diantre! Ton rêve! Ça me fait plaisir I Alors tu as démissionné là-bas?
GEORGES. — Oui.
JULES. — Quelle veine! Je suis content pour toi. L;ne chaire de professeur sans doute ^
GEORGES. — Oui, d'anglais à l'athénée communal de SchaerLeek. (On frappe.)
JULES, très mtrigué, à Georges. — A l'athénée de Schaerbeek !
M'^" LESERRE est allée ouvrir au fond.
PIRSONNE paraît et lui donrxe un pain. — S'il vous plaît.
Af^^ LESEFIRE. — Merci.
JULES, étonné, à Georges. — Il y avait là deux places d'anglais vacantes?
GEORGES, un peu nerveux. — Non, une.
JULES pâlit, mais se ressaisit vite. Puis bas. — Elle est donnée.
GEORGES est effrayé, cherche cependant à ne pas se trahir. Bas et un peu gêné, à Jules. — Non?
JULES. — J'en suis car —
M™* LESERRE a déposé le pain sur le buffet, puis elle est revenue s'asseoir. Jules s'arrête. Elle, voyant leur gêne. — Qu'avez-vous donc, vous deux?
GEORGES. — Rien, maman.
M""* LESERRE. — Rien? Pourquoi alors es-tu si effrayé tout d'un coup?
GEORGES. — Effrayé, moi!
M™® LESERRE . — N'essaye pas de me donner le change. (Energique et debout.) Je veux savoir ce que c'est. Parle!