‹ Théatre (volume 2)Chapitre 136 sur 166 · SCÈNE V BI. REMI, MADAME ARGANTE, LE COMTE, MARTHON · texte numérisé non relu

SCÈNE V BI. REMI, MADAME ARGANTE, LE COMTE, MARTHON

H. BEMI, à Marthon, qoi se retire.

Bonjour, ma nièce, puisque enfin il faut que vous la soyez. Savez- vous ce qu'on me veut ici?

MA&THON, brosqaement.

Passez, monsieur, et chercliez votre nièce ailleurs : je n'aime point les mauvais plaisants, (sue sorts)

^ M. REMI

Voilà une petite fille bien incivile, (a madame Arga&te.) On in*a dit de votre part de venir ici, madame : de quoi est-il donc question?

XADAVE ARGANTE, d'un ton reTèehe.

Ah! c'est donc vous, monsieur le procureur?

H. RBMI.

Oui, madame; Je vous garantis que c'est moi*méme.

MADAME ARGANTE

Et de quoi vous êtes-vous avisé, je vous prie, de jlbus embarrasser d'un intendant de votre façon?

M. REMI

Et par quel hasard madame y trouve-t-elle à redire?

MADAME ARGANTE

C'est que nous nous serions bien passés du présent que vous nous avez fait.

M. REMI

Ma foi! madame, s'il n'est pas de votre goût, vous êtes bien difficile.

MADAME ARGAMTB.

C'est votre neveu, dit-on? ..

M. REMI

Oui, madame,

MADAME ARGANTE

Eh bien, tout votre neveu qu'il est, vous nous ferez un grand plaisir de le retirer.

M. REMI

Ce n'est pas à vous que je l'ai donné.

2SI fXÊÂTUE tm MARIVAUX.

MAOAlfE ARGANTE.

Non; mais c'est à nous Qu'h 4éptait, à moi et à H. le comte que vbilà, et qui doit épouser ma fille.

]f . REM, âevant la t^%

Celui-ci est nouveau t Mais, madame, dès qu'il n'est pas à vous, il me semble qui! n'est jyas essentiel qs'il vous plaise. On n'a pasmis 4«as le marcha q^^'il vous {>la4raii : personne n'a songé à cela; et, pourvu qu'il coavieiine a madame Araminte, tout doit être content. Tant pis pour qui ne Test pas. Qu'est-ce que cela signifie'?

VADAHE ARGAIÏTC.

Hais vous avez le ton bien ranque, memsiocnr BMii.

M. IIBVI.

Ma foi f vos oen^ime&toDetioQt poi«t pmpns kVûimcir,

LE COMTE

Doucement, monsieur le procnretnr, ^dcmemnent; il me parait que vous avez tort*

Gomme vous vondrei, mûBsiear te coèxte» oomme vous voudrez ; cela ne vous regarde pas. Vous savez bien que je a'a^pas l'boaneur de vous connaître, et nous n'avons que faire ensemble, pas la moindre chose^

LE COUTE

Que vous méconnaissiez ou non, il n'est pas si peu essentiel que vous le dîtes que votre neveu plaise ë fflaiame. Elle n'est pas une étrangère dasa la

Parfaitement étrangère pour cette affeirs^ei^ on ne peut pas plus étrangère^ Au surplus, Dorante est ud lioinme d'honneur, connu pour tel, dont j'ai répondu, dont Je répondrai toujours, et dont maŒame parle ici d'une manière choquante.

MADAME ARGAKTff.

Votre Dorante est un impertinent.

M. IB^MMU

Bagatelle I ce mot-là ne signifie rien dans votre boudie.

MADAME ARGAMTE.

Dans ma bouchot A qui parle donc ce petit praticien, monsieur le comte? Est-ce que votts ne lui imposerez pas silence?

Page 1