‹ Théatre (volume 2)Chapitre 142 sur 166 · ARAMINTE, DUBOIS · texte numérisé non relu

ARAMINTE, DUBOIS

DUBOIS

Enfin, madame, à ce que je vois, vous en voilà délivrée : qu'il devienne tout ce qu'il voudra à présent; tout le monde a été témoin de sa folie, et vous fi'avez plus rien à craindre de sa douleur; il ne dit mot. Au reste, je viens seulement de le rencontrer plus mort que vif, qui traversait la galerie pour aller chez lui. Vous auriez trop ri de le voir soupirer; il m'a pourtant fait pitié ; je l'ai vu si défait, si pâle et si triste, que j'ai eu peur qu'il ne se trouvât mal.

ARAMINTE, qui ne !*« pu regardé jasqae-là, et qui a toujours rèré, dit

d'oD ton haut :

Mais qu'on aille donc voir; quelqu'un l'a-t-il suivi? Que ne le secouriez- vous? Faut- il tuer cet homme?

DUBOIS

J'y ai pourvu, madame; j'ai appelé Lubin, (çiî ne le quittera pas, et je crois d'ailleurs qu'il n'arrîTera rien; Toilà qui est fini : je ne suis venu que peur vous dire une chose ; c'est que je pjsnse qu'il demandera à tous parler, et je ne conseille pas à madame de le voir davantage; ce n'est pas la peine.

ABAMINTE, sè^einèni.

Ne vous embarrassez pas ; ce sont mes afTaîres.

DUBOIS

En uu mot, vous en êtes quitte; et cela par le rn^en de cette lettre qu'on vous a lue, et que mademoiselle Marthon a tirée de Lubin par mon avis : je me suis douté qu'elle pourrait vous être utile; et c'est une excellente idée que j'ai eue À, n'eslKse pas, madame?

ARAKINTE, froidement.

Quoi! c'est à vous que j'ai l'obligation de la scène qui vient de se passer?

DUBOIS, libfenrai*.

Oui, madame.

ABAVTNTB.

Méchant valet, ne vous présentez plus devant moi.

DUBOIS, comme étoimé.

Hélas ! madame, j'ai cru bien flaire.

ARAMINTE

Allez, malheureux, il fallait m'obéir; je vous avais dit de ne plus vous en mêler. Vous m'avez jetée dans tous les désagréments que je voulais éviter. C'est vous qui avez répandu tous les soupçons qu'on a ^us sur son compte, et ce n'est pas par attachement pour moi que vous m'avez appris qu'il m'aimait; ce n'est que par le plaisir de faire du mal. Il m'importait peu d'en être instruite; c'est un amour que je n'aurais jamais su, et je le trouve bien malheureux d'avoir eu affaire à vous, lui ^ui a été votre maHr<e, qui vous aJESeottonnait, qui vous a bien traité, qui vient tout récemment en- ; core de vous prier à genoux de lui garder le secret. Vous Tassassinez, vous me trahissez moi-même; il faut que vous soyez capable de tout. Que je ne vous voie jamais^ et point 4e réplique.

DUBOIS g' en va en liant.

Allons, voilà qui est parfait.

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