S GÈNE VI LE CBEMLIER, LE COUTE
I£ CBBVAMER..
Oiim'a dit que*vouft(me deiQa&diez) puisrje- vous rendue «fsetque service^ jutMisieiir?'
Oui, chevalier, vous pouvez-^éritablement m'obliger.
LE CHEVALIER
Parbleu 1 si je le puis,/Oele vwêA £ût.
LE QOlfTB;
Vous m^avez dît que vous n'aimiez pas la roarquiser
LE CHEVALIER
Que.dlxes<rvou3 làl.Je l'aiiue de tout mon cœur.
LE. GOttUTE.
Jteienés que voitt*ci'aviez .point, d'amour pour. eUd.
Ahl c'est une autre affaire, et je me^aiiti es^riÂquéilà^ dessus.
ifiile ' sais ; onais ôtas^ivou» i dans< le» < mômes f sieatim^ntsf m^sfa^^it-ià point 4 présent .d'aDMut ^absolument ?
Ehl mais, en vérité^ par où jusez-vous qu'il y en ait? Qu.'ealheaque»&'es4 que.^^eiteidée^lai?
LE OOHiTE.
]Hft^.j&.<n'QnJu9&'Pomt; je voua Id demande.
LBr CBB»Alinïï.
Huml vous avez pourtant la mine d'un booMoe qoi le croit.
LE GOUTE
Eh bien, débarrassQii&-aoua- de . cela/dites-moi oui ou non.
^ LE CnEVAJLIfia» riant.
Ehl eh! monsieur le comte, un homme d'eaprit comme vous ne doit point faire de chicane sur les mois; le oui ou le non, qui ne se sonfpoint présentés à moi,, ne. valent pas mieux que le langage que je vous tiene; o'estla même ebbse assurément; il y a eatfe iamavquîBe et moi une amitié et âafii^saatiments vtaitD^ii respeetames":* étos-<vou8r«cQatQnt? «ela eat^il net ? voièàidu . français..
52 THÉÂTRE DE MARIVAU3L
LE COMTE, à part.
Pas trop. (Hant.) On ne saurait mieux dire, et j'ai tort; mais il faut pardonner aux amants, ils se méfient de tout.
LE GHEYALIER.
Je sais ce qu'ils sont par mon expérience... Revenons à vous et à vos amours : je m'intéresse beaucoup à ce qui vous regarde : mais n'allez pas encore empoisonner ce que je vais vous dire, ouvrez-moi votre cœur. Est-ce que vous voulez continue** d'aimer la marquise?
LE COMTE
Toujours.
LE CHEVALIER
Entre nous, il est étonnant que vous ne vous lassiez point de son indifférence. Parbleu 1 il faut quelques sentiments dans une femme : vous hait-elle? on connaît sa haine* ne lui déplaisez-vous pas? on espère. Mais une femme qui ne répond rien, comment se conduire avec elle ? par où prendre son cœur? un cœur qui ne se remue, ni pour ni contre, qui n'est ni ami ni ennemi, qui n'est rien, qui est mort, le ressuscite-t-on? je n'en crois rien; et c'est pourtant ce que vous voulez fiûre.
LE COMTE, finement.
Non, non, chevalier, je vous parle confidemment à mon tour, le n'en suis pas tout à fait réduit à une entreprise si chimérique^ et le cœur de la marquise n'est pas si mort que vous le pensez : m'entendez-vous ? Vous êtes distrait.
LE CHEVALIER
Vous vous trompez, je n'ai jamais eu plus d'attention.
LE COMTE
Elle savait mon amour, je lui en parlais» elle écoutait*
LE CHEVALIER
Elle écoutait?
Oui^ je lui demandais du retour.
LE CHEVALIER
C'est l'usage ; et à cela quelle réponse? '
LE COMTE
On me disait de l'attendre.
LE CHEVALIER
C'est qu'il était tout venu.
LE COMTE, k part.
Il l'aime. (Hant.) Cependant, aujourd'hui, elle ne veut pas me voir; j'attribue cela à ce que j'avais été quelques jours
sans paraître, avant que vous arrivassiez ; la marquise est la femme de France la plus flère.
|JEE CHEVALIER.
. Ahl je la trouve passablement humiliée d'avoir cette fierté-là.
LE GOUTE
Je VOUS ai prié tantôt de me raccommoder avec elle, et je vous en prie encore.
LE CHEVALIER
Ehl vous vous moquez, cette femme-là vous adore.
LE GOUTE
Je ne dis pas cela.
Et moi qui ne m'en soucie guère, je le dis pour vous.
LE COMTE
Ce qui m'en plaît, c'est que vous le dites sans jalousie.
LE CHEVALIER
Ohl parbleu t si cela vous plaît, vous êtes servi à souhait; car je vous dirai que j'en suis charmé, gue je vous en félicite, et que je vous embrasserais volontiers.
LE GOUTE
Embrassez donc, mon cher.
LE CHEVALIER
Ahl ce n'est pas la peine; il me suffit de m'en réjouir sincèrement, et je vais vous en donner des preuves qui ne seront point équivoques.
LE GOUTE
Je voudrais bien vous en donner de ma reconnaissance, moi; et, si vous étiez d'humeur à accepter celle que j'ima-
fine, ce serait alors que je serais bien sûr de vous. A regard e la marquise...
LE CHEVALIER
Comte, finissons. Vous autres amants, vous n'avez gue votre amour et ses intérêts dans la tète, et toutes ces foheslà n'amusent point les autres. Parlons d'autre chose; de quoi s'agit-il?
LE COUTE
Dites-moi> mon cher, auriez-vous renoncé au mariage?
0ht parbleu ! c'en est trop : faut-il que j'y renonce pour vous mettre en repos? Non, monsieur; je vous demande grâce pour ma postérité, s'il vous plaît. Je n'irai point sur vos brisées ; mais qu'on me trouve un parti convenable, et demain je me marie; et qui plus est, c est que cette mar-
qnise, cpii ne vous.sort; pa&derfisprit, teaez,jermrôagag&. à la prier de la fête.
LB COMTE
]!fo. fdi^cbevalieri vous «me ravissez; j$ sens, bien que j'ai affaire au plus franc de tous les hommes; vos dispositions me charment. Moucher ami. coniinuons; vous connaissez ma sœur : que pensez-vous délie?
LE GHEVAUER.
Ce que j'en pense?... Votre question me fait ressouvenir qu'il y a longtemps que je ne Tai vue, et qu'il faut que vous me présentiez à elle.
lE COMTE.
Vous m'avez dit cent fois qu'elle était' digne d'être aimée du plus honnête homme; on l'estime, vous connaissez son bien, vous lui plairez, j'en suis sûr, et, si Yousi ne- voulez qu'un parti convenable, en voilà un.
LE GHBVAUBR.
En voilà un... vous avez raison... Oui, votre idée est aénoraMe* EU&'Ost amie de la marqjuise^n'estrTeepas?
LE OOMVB,
Je crois que oui.
LE* GHfiVÀLIffll.
Allons, cela est bon, et je veux gne* ce seit mo! qui lui annonce la chose ; je crois que c'est elle qui entre. Retirezvous pour quelques moinmts- dans coioabiaet, vous aUez voir^^^^jQulunrivalde mon espèee^ est. capable de faire, et vous paraîtrez quand je vous appellerai. Pa^fto; point do remerciement, un jaloux .n'oa mfimte point.
&CÈNE Yir
LE CHEVALIER^ seul.
Parbleu) madame^ je suis^donecet ani qui- devait < vous tenir «lie» do^ tout; vous itt'avez)jouéi, femaie que^vous' élcs| QMia^voiiiS' altea voire coiobiea Je.m'ei^sûiUûifii