M. ORGON, SILVIA, DORANTE, LISETTE, PASQUIN
MARIO
SILVU.
Ah ! mon père, vous avez voulu que je fusse à Dorante, venez voir votre fille vous obéir avec plus de joie qu'on n'en eut jamais.
DORANTE
Qu'entends-jel vous, son père, monsieur?
SILVIA
Oui, Dorante, la même idée de nous connaître nous est venue à tous deux ; après cela, je n'ai plus rien à vous direvous m'aimez, je n'en saurais douter : mais, à votre tour^
ju^ez de mes sentiments pour vous, jugez du cas que j'ai fait de votre cœur par la délicatesse avec laquelle j'ai tâché de Tacquérir.
Connaissez-vous cette lettre-là? Voilà par où j'ai appris votre déguisement, qu'elië n'a pourtant su que par vous.
DORANTE
Je ne saurais vous exprimer mon bonheur, madame; mais ce qui m'enchante le plus, ce sont les preuves que je vous ai données de ma tendresse.
UAIUO.
Dorante me pardonne- t-il la colère où j'ai mis Bourguignon ?
DORANTE
Il ne VOUS la pardonne pas, il vous en remercie.
PASQUIN
De la joie, madame! vous avez perdu votre rang; mais vous n'êtes point à plaindre, puisque Pasquin vous reste.
USETTB.
Belle consolation I il n'y a que toi qui gagnes à cela.
PASQUIN
Je n'y pélrds pas : avant notre reconnaissance, votre dot valait mieux que vous; à présent, vous valez mieux que votre dot. Allons, saute, marquisl
COMÉDIE
EN UN ACTB
Représentée pour la première fois, à Paris, en 1736
PERSONNAGES
LÀ œMTESSE.
US MARQUIS
HORTENSE
LE CHEVALIER
LISETTE» suivante de la comtesse.
LÉPINE, valet de chambre du marquis*