ACTE I, SCÈNE in
Le moindre avant-coureur charmait mou espérance,
Je braverais sans peine uu utile danger;
Mais nous pouvons nous perdre et non pas nous venger. Conservant dans son ame une douleur contrainte,
On cède; et le respect n’est souvent que la crainte.
ÉLECTR E.
Fille du roi des rois est-ce vous qui parlez ?
Avec ses assassins vous qui dissimulez?
Dois-je aussi, trahissant ses mânes vénérables,
Délaisser la victime , adopter les coupables ?
Pour me le conseiller quel temps choisissez-vous?
Le jour où Clyteinnestre égorgea son époux.
Ah ! vous n’obtiendrez pas d’effroi pusillanime De ce cœur indompté que la vengeance anime.
Qu’ils régnent, mais du moins, sous leurs pompeux lambris, Que d’Electre captive, ils entendent les cris;
Que ma douleur pieuse empoisonne leur joie;
Je veux les fatiguer des pleurs où je me noie.
Qu’au palais de mon père , et près de son cercueil ,
Des festins somptueux ils étalent l’orgueil;
Loin d’qpx à ces festins leur esclave préfère Le pain de la pitié qu’on jette à sa misère.
A leur table insolente allez courber le front;
Flattez les meurtriers ; mes pleurs me suffiro nt :
Des pleurs sont mes trésors, des pleurs, ma nourriture. • Ils ne me verront pas, outrageant la nature,
A mon père infidèle, indigne de mon nom,
Boire avec eux dans l’or le sang d’Agamemnon.
CH R ÏSOSTHÉMIS.
Ces reproches amers qu’exettse ma tendresse,