‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 150 sur 286 · ACTE I, SCÈNE in · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE in

Le moindre avant-coureur charmait mou espérance,

Je braverais sans peine uu utile danger;

Mais nous pouvons nous perdre et non pas nous venger. Conservant dans son ame une douleur contrainte,

On cède; et le respect n’est souvent que la crainte.

ÉLECTR E.

Fille du roi des rois est-ce vous qui parlez ?

Avec ses assassins vous qui dissimulez?

Dois-je aussi, trahissant ses mânes vénérables,

Délaisser la victime , adopter les coupables ?

Pour me le conseiller quel temps choisissez-vous?

Le jour où Clyteinnestre égorgea son époux.

Ah ! vous n’obtiendrez pas d’effroi pusillanime De ce cœur indompté que la vengeance anime.

Qu’ils régnent, mais du moins, sous leurs pompeux lambris, Que d’Electre captive, ils entendent les cris;

Que ma douleur pieuse empoisonne leur joie;

Je veux les fatiguer des pleurs où je me noie.

Qu’au palais de mon père , et près de son cercueil ,

Des festins somptueux ils étalent l’orgueil;

Loin d’qpx à ces festins leur esclave préfère Le pain de la pitié qu’on jette à sa misère.

A leur table insolente allez courber le front;

Flattez les meurtriers ; mes pleurs me suffiro nt :

Des pleurs sont mes trésors, des pleurs, ma nourriture. • Ils ne me verront pas, outrageant la nature,

A mon père infidèle, indigne de mon nom,

Boire avec eux dans l’or le sang d’Agamemnon.

CH R ÏSOSTHÉMIS.

Ces reproches amers qu’exettse ma tendresse,

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