SCÈNE III
MONTFORT, BRIGITE.
montfort.
Vous me suivez toujours !
BRIGITE.
Toujours vous me fuyez!
MONTFORT
Que voulez-vous encor? qu’avez-vous à me dire?
BRIGITE.
Que la jeune Zoé vous attend et soupire.
Elle a versé des pleurs ; vous étiez loin d’ici :
Vous voilà de retour -, le père l’est aussi.
MONTFORT
Qu’est-ce à dire? le père.
BRIGITE.
Oui , ce juif honnête homme, Riche , bon , généreux 5 c’est Nathan qu’il se nomme.
MONTFORT
Vous l’avez dit cent fois : Nathan a je m’en souviens.
BRIGITE.
Le Sage 5 c’est le nom qu’il reçoit chez les siens.
NATHAN LE SAGE
MOSTFORT.
Peut-être chez les siens : qui dit riche, dit sage.
Mais que veut-il de moi?
BRieiTE.
Vous rendre son hommage, Du sauveur de sa fille embrasser les genoux,
L’offrir à vos regards, s’acquitter envers vous, Déposer à vos pieds une immense fortune.
MOSTFORT.
Femme, retirez-vous ; ce discours m’importune. Quand j’expose mes jours ce n’est point pour de l’or.
BRICITE.
Ce que vous avez fait...
MOSTFORT.
Je le ferais encor.
Allez ; ne troublez point ma douce solitude.
Sans trésor, il est vrai, mais sans inquiétude,
Je viens près des palmiers goûter quelque loisir;
Je rêve sous leur ombre , et c’est mon seul plaisir. Adieu.
BRIGITE.
Je n’ose pas insister davantage;
Je crois qu’il est encor revenu plus sauvage.