NINON, HORTENSE, DORLIS, AUBERTIN , GERMON
germon.
Madame, on va venir.
• NINON
Ah! vous voici, Germon!
Vous avez vu Brulart?
GERMON
Oui.
NINON
Point de billet ?
. germon.
Non.
Il parle, et n’écrit pas. Lai trouvé sa servante,
38o NINON.
Jeune brune aux yeux bleus , fraiche , alerte et fringante.
» Monsieur n’est point ici. Bientôt nous reviendrons.
» Laissez-moi votre lettre , et nous y répondrons.
» — Il faut que la réponse en mes mains soit remise. !
» — Faites-nous demander ; descendez à l’église :
» C’est au chœur, en entrant. — Grand merci ; serviteur. » Je descends ; j’aperçois , par les grilles du chœur,
Un bedeau; je lui dis, d’une voix caressante :
<( Monsieur, je voudrais voir, pour affaire pressante ,
» Monsieur l’abbé Brulart. — Le grand pénitencier!
)) On ne l’interrompt pas quand il est à prier.
» — Pour un acte pieux. — Vous venez à confesse? i> —C’est pour les pauvres.— Soit. Entendez la grand’messe. » — Ecoutez ; entre nous , c’est pour ses intérêts.
» —Ah! ah! pour de l’argent?— Pour de l’argent. — J’y vais. » A peine le bedeau lui parlait à l’oreille;
Vous n’avez jamais vu complaisance pareille :
Notre homme est arrivé, son bréviaire à la main,
L’œil baissé , marchant vite , et priant en chemin.
Il a pris le billet. Quand il s’est mis à lire, •
H s’est mordu la lèvre, et m’a fait un peu rire.
« Mon enfant, m’a-t-il dit, je ne répondrai pas.
» Mon devoir me retient; j’ai de grands embarras.
» Les pauvres et l'église exigent mon service :
» Mais j’irai voir madame en sortant de l’office.
» Eh bien , Gourville est mort. Que Dieu lui fasse paix ! a II me devait beaucoup. Cher homme ! je l’aimais ;
» Et je veux le servir comme pendant sa vie.
» Que de certaines gens , madame se défie.
» Le notaire Aubertiu n’est qu’un original. »