‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 269 sur 286 · NINON, HORTENSE, DORLIS, AUBERTIN , GERMON · texte numérisé non relu

NINON, HORTENSE, DORLIS, AUBERTIN , GERMON

germon.

Madame, on va venir.

• NINON

Ah! vous voici, Germon!

Vous avez vu Brulart?

GERMON

Oui.

NINON

Point de billet ?

. germon.

Non.

Il parle, et n’écrit pas. Lai trouvé sa servante,

38o NINON.

Jeune brune aux yeux bleus , fraiche , alerte et fringante.

» Monsieur n’est point ici. Bientôt nous reviendrons.

» Laissez-moi votre lettre , et nous y répondrons.

» — Il faut que la réponse en mes mains soit remise. !

» — Faites-nous demander ; descendez à l’église :

» C’est au chœur, en entrant. — Grand merci ; serviteur. » Je descends ; j’aperçois , par les grilles du chœur,

Un bedeau; je lui dis, d’une voix caressante :

<( Monsieur, je voudrais voir, pour affaire pressante ,

» Monsieur l’abbé Brulart. — Le grand pénitencier!

)) On ne l’interrompt pas quand il est à prier.

» — Pour un acte pieux. — Vous venez à confesse? i> —C’est pour les pauvres.— Soit. Entendez la grand’messe. » — Ecoutez ; entre nous , c’est pour ses intérêts.

» —Ah! ah! pour de l’argent?— Pour de l’argent. — J’y vais. » A peine le bedeau lui parlait à l’oreille;

Vous n’avez jamais vu complaisance pareille :

Notre homme est arrivé, son bréviaire à la main,

L’œil baissé , marchant vite , et priant en chemin.

Il a pris le billet. Quand il s’est mis à lire, •

H s’est mordu la lèvre, et m’a fait un peu rire.

« Mon enfant, m’a-t-il dit, je ne répondrai pas.

» Mon devoir me retient; j’ai de grands embarras.

» Les pauvres et l'église exigent mon service :

» Mais j’irai voir madame en sortant de l’office.

» Eh bien , Gourville est mort. Que Dieu lui fasse paix ! a II me devait beaucoup. Cher homme ! je l’aimais ;

» Et je veux le servir comme pendant sa vie.

» Que de certaines gens , madame se défie.

» Le notaire Aubertiu n’est qu’un original. »

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