SCÈNE IL
TIBÈRE, SÉJAN
SÉJ AN.
Quoi ! lorsque d’Agrippine adoptant la vengeance , En secret de Pison vous dictez la sentence, Agrippine, étalant ses pleurs ambitieux,
Ose vous outrager par d’insolens adieux!
Pour ses fils désormais Agrippine respire.
Quand ils sont nés à peine, ils rêvent un empire.
aéjAN.
Sans cesse elle nourrit leurs désirs criminels.
TIBÈRE
Ombragés en naissant des lauriers paternels ,
Bercés des longs honneurs prodigués à leur race, D’une orgueilleuse mère ils ont déjà l’audace ;
Et j’entrevois , surtout dans les yeux de Caïus ,
Les vices de Sylla , mais non pas ses vertus.
Il naquit oppresseur : sa tyrannique enfance Bégaie insolemment la menace et l’offense.
Puisse Rome, en effet, tomber entre ses mains!
Ma haine avec plaisir le conserve aux Romains. Timides artisans des discordes civiles ,
Rebelles en secret, publiquement serviles,