ACTE IV, SCÈNE III
Qui tremble, qui gémit, qui, les larmes aux yeux, Vous implore à genoux, et comme on parle aux dieux. Que Séjan soit vaincu : Rome entière attendrie Pourra croire un moment qu’il est une patrie;
Et, de tant de vertus admirant les effets.
Bénira son héros vengé par des bienfaits.
AGRIPPINE
Tu l’emportes, Cnéius; cette ombre que j’adore,
Cet époux, ce héros, j’ai cru l’entendre encore.
Ah! je ne crains plus rien; ses mânes offensés Ne démentiront pas les pleurs que j’ai versés.
Lève-toi ; de Pison que la faute s'oublie :
Avec Germanicus je le réconcilie.
Il osa le combattre ; il pourra le bénir :
Nos guerriers se tairont; je cours les prévenir. Peut-être malgré lui Pison devint coupable :
L’audace le soutient, le repentir l’accable;
Et dans sa fierté même il paraît abattu :
Non, puisqu’il est ton père il n’est pas sans vertu.
Qu’il vive : sois long-temps l’honneur de sa vieillesse : Qu’il vive : et, pour son fils redoublant de tendresse, Qu’il redevienne encor digne d’un tel appui,
De Rome, et du pardon qu’il obtient aujourd’hui.