‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 50 sur 286 · CNÉIUS, PISON · texte numérisé non relu

CNÉIUS, PISON

PISON

Mon fils, qu’ai-je entendu? puis-je croire un tel bruit? On dit que par Séjan dans ces lieux introduit,

Tu dois entretenir son redoutable maître.

CNÉIUS

J’ai vu Séjan ; Tibère a voulu me connaître •,

J’ai déjà , sans témoins , paru devant ses yeux :

II m’a long-temps parlé du rang de mes aïeux ;

Il m’offre des honneurs peu faits pour ma jeunesse.

Je tremble, 6! mon cher fils, le tyran te caresse.

CNÉIUS

Des bontés du tyran vainement menacé,

Du nom de citoyen je ne suis point lassé :

Mais lorsqu’en vous donnant des louanges contraintes, Tibère, un peu confus, répondait à mes plaintes, Quand sa bouche avec art consolait ma douleur,

Son cœur était muet.

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