‹ Theatre posthume de MJ. De Chénier, précédé de considérations sur la liberté du théatre en FranceChapitre 61 sur 286 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

SÉJAR.

Que prétends-tu? la mort?

CRÉICS.

Je ne sens point d'effroi.

César est immobile, et calme ainsi que moi.

Vous tremblez, sénateurs; attendez en silence Que César d’un coup d’oeil vous dicte ma sentence.

Et toi qui, dans un cœur de crimes déchiré,

Savoures le tourment que tu m’as préparé,

Tyran profond, mais vil, honte et fléau de Rome,

Eclip sé dans ta cour par l'omble d’un grand homme,

Quand, de tes attentats ministre infortuné,

Pison par son complice expire assassiné, •

Tu m’offres des trésors teiuts du sang de mon père!

Garde pour un Séjan les faveurs d’un Tibère.

C’est le prix des forfaits; je ne l’accepte pas :

Rien de toi, rien, César; pas même le trépas.

Un sort plus glorieux doit être mon partage.

Le poignard de Pison , voilà mon héritage.

Ce fer me suffira. Tu pâlis, malheureux!

Va , je te le rendrai teint d’un sang généreux ;

Un autre aura l’honneur de venger tes victimes; ^

Séjan respire encor; tu puniras ses crimes :

J’ai vécu , je meurs libre , et voilà mes adieux.

Il est temps de placer Tibère au rang des dieux.

(Il se tue.)

FIN

ŒDIPE-ROI

TRAGÉDIE

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