OEDIPE, LE GRAND-PRÊTRE , LE CHOEUR
OEDIPE
En f Ah s, du vieux Cadrnus postérité nouvelle,
Aux portes du palais quel danger vous appelle ? Pourquoi ces voiles saints , emblème des douleurs ? L’encens fume partout partout je vois des pleurs. Répondez pour le peuple, ô! vieillard vénérable.
Que veut de supplians cette foule innombrable?
Il n’est rien dans ses maux qui me soit étranger.
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OEdipe , heureux eucor s’il peut les soulager,
OEdipe , dont la Grèce a vanté la fortune ,
Vient partager au moins l’adversité commune.
LE GEAHO-PKÊIEE.
Digne chef de l’état, vous voyez en ces lieux Le pontife éploré du souverain des dieux,
Des sacrificateurs courbés par la vieillesse ,
Des enfans , des guerriers , fleur de notre jeunesse.
Des branches dans les mains , ou ceints de verds rameaux , Ils implorent Pallas en ses temples gémeaux,
L’autel hospitalier de vos dieux domestiques,
Apollon de l’Ismène et ses feux prophétiques.
Dans les flots du malheur une triste cité Livre péniblement son front ensanglanté.
Un dieu sèche l’espoir de nos champs solitaires,
Fait périr les enfans dans le sein de leurs mères ,
Sur les fils d’Agénor promène ses fureurs ;
Et l’avare Achéron s’enrichit de nos pleurs.
Ce peuple , qui jadis vous dut sa délivrance ,
Fait reposer sur vous sa dernière espérance.
L’Olympe vous protège : il vous a secouru ,
Quand , des murs de Corinthe en nos murs accouru , Vous avez, jeune encor, affranchi cette terre Qui du sphynx inhumain fut long-temps tributaire. Par des bienfaits nouveaux cimentez vos bienfaits 5 Soyez encore OEdipe , et sauvez vos sujets ;
Pour nous avec les dieux que là terre conspire ;
Ou bientôt, roi de nom, vous n’aurez plus d’empire; Et vos yeux, sur un sol par la mort habité,
Ne verront qu’un désert où fut une cité.