Scène III VERDURON, VERDURONNETTE
VERDURONNETTE, se tournant vers le côté par où est sorti Martin.
Bon travailleur de la forêt, Comme je t'aime!
= VERDURON, au public.
Il donnerait
L’avant-dernière de ses nippes Et la dernière de ses pipes Pour que sa Martine ait un peu De joie et de douceur.
VERDURONNETIE, tout affligée, au public.
Mon Dieu!
Quand donc finira la tuerie?
VERDURON, à Verduronnette.
Bientôt, petite sœur chérie.
(Au public, avec fierté :) Chacun a bien fait son devoir, Et nous leur en avons fait voir
(3) Pour entrer dans la cabane, s’il y en à une.
De toutes les couleurs, aux Boches!
(A Verduronnette:)
Oui, te dis-je, les temps sont proches :
Déjà leur désastre est complet.
Quoi d'étonnant? Pas un follet
N'habite plus leur sombre empire.
(Au public:)
Pour un peuple il n’est rien de pire.
Les follets, ça n'a lair de rien;
Mais sans eux rien ne marche bien.
Donc, ça va finir.
VERDURONNETTE Je l’espère:; Maïs que je plains ce pauvre père, Ceite pauvre vieille maman...
(Verduron a dressé l'oreille tandis que Verduronnette disait: ce pauvre père, et il a regardé vers le fond à droite.)
VERDURON, interrompant Verduronnette.
La voici : chut! Pour le moment, Faisons trêve à ce babillage,
VERDURONNETTE, finissant la phrase.
Et cachons-nous dans le feuillage.
(Ils retournent vivement à leurs cachettes de tout à l'heure. Par le fond à droite, Martine entre à pas lents, la tête basse, en tricotant. Elle passe à quelques pas derrière la table, qu'elle n’aperçoit pas, s’'avance vers le milieu de la scène, s'arrête à deux pas de la rampe et, là, cesse de travailler à son ouvrage, qu'elle continue de tenir à la main.)