SCÈNE VI
Florizel, uondache, le petit chaperon rouge
FLORIZEL. passant devant Rondache.
Cette belle endormie, mon enfant, savezvous oîi elle est ?
LE PETIT CHAPERON ROCGE, un peu effrayé.
Non, monsieur.
FLORIZEL, d'une voix tremblante.
N'avez-vous pas entendu dire qu'elle est dans cette forêt?
LE PETIT CHAPERON ROUGE, très troublé.
Non, monsieur.... C'est-à-dire... Enfin, je ne sais pas.
FLORIZEL, avec angoisse.
Vous ne savez rien sur elle?
LE PETIT CHAPERON ROUGE
Si, monsieur... Ou plutôt... A'oilà : le père Euloge... il est mort l'année dernière... le père Euloge a dit comme ça à ma mère-grand que son père, à lui, quand
il était tout petit, avait vu le château, et qu'il y avait eu un beau baptême, avec beaucoup de fées, et que la plus vieille n'avait pas eu de couvert en or comme les autres. Alors elle a voulu faire mourir la Belle; mais sa marraine n'a pas voulu. Seulement, elle s'est piquée avec un fuseau, et elle s'est endormie pour cent ans. Et puis le roi et la reine sont morts, et les épines ont poussé tout autour du château, et on ne peut plus y aller. \o\\k ce que le père Euloi,'-e a dit; et moi, j'étais sous la table, et j'ai tout cnlendu.
FLOUIZEL, avec emportement.
C'est la voix de ma bien-aimée qui m'appelle, et il faut que j'y aille: il le faut, dussé-je endurer mille morts! Mais où donc est la vieille femme qui m'avait indiqué le chemin? N'est-ce pas son bâton qui est ici à terre? et son manteau ?
(Le Petit Chaperon Rouge ramasse le manteau ; elle regarde avec uu peu d'elTroi l'intérieur du capuchon.)
Li: PKTIT CILVPEUON ROUGE.
On dirait une mère-grand que le loup aurait mangée.
FLORIZEL
Ou'est-elle devenue? C'est bien son manteau. Sa disi)arition est singulière.
LE PETIT CIIAPEIiON ROUOE.
Peut-être que c'était une fée.
RONDACIIE, avec pitié.
Comme c'est vraisemblable !
FLORIZEL
A tout prix je veux la retrouver.
(Musique'. La Fée entre à gauche. Le Petit Chaperon Rouge laisse tomber le manteau.)
LE PETIT CHAPERON ROUGE
Oh ! regardez ! une fée ! une vraie !