‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 141 sur 203 · MATHILDE, BERTHE, CENDRILLON · texte numérisé non relu

MATHILDE, BERTHE, CENDRILLON

MATHILDE, à Cendrillon, avec colère.

Ah çà, voyons, vas-tu venir?

CENDRII.LON, à Mathilde, avec douceur.

De grâce, laissez-moi finir :

Je n'ai qu'à poser une mouche A votre sœur.

MATHILDE, à Cendrillon.

Sainte-n'y-touchc!

{Cendrillon s'occupe de poser une mouche à Bertho. MathilJe, au public :;

208 TiiKÂrriE pour les jeunes filles

Elle s'excusera toujours, Elle vous fera des mamours, INIais vous ne serez i)as servie.

BERTflK, brusquement, à Ccndrillon.

Tu me lais mal.

MATIIILDE, au public.

]\Iort de ma vie!

Suis-je patiente!

C'est fait.

(Elle ôte à Berthe son peignoir et le pose sur le dossier de la chaise, tandis que Berthe se lève en parlant.)

BERTIIE.

Ouf! Il n'est que temps. J'étouffais.

(Elle respire largement, étale sa traine, puis se regarde dans la glace.'; CENDRILLUN, s'approchant de Mathilde.

A vos ordres, mademoiselle. -

M.^THILDE.

Ah! tu peux bien vanter ton zèle!

CENDRILLO.N", voulant se justifier.

J'ai fait...

MATHILDE, lui coupant la parole.

C'est bon. Pour le moment, Daigne me dire seulement Si je suis bien.

(Pendant un moment CendriUon re:.'ardc la coirt'ure et la toilette de Mathilde.)

CE.NDRILLUX.

Très bien...

MATHILDE, avec emphase.

Admire.

(CendriUon fait en silence le tour do Mathilde et se retrouve à la place qu'elle occupait.)

CENDRILLt>N, doucement malicieuse.

Il vous suffira de sourire

Pour que vos danseurs soient ravis.

MATlIlI.nE, sèchement.

Garde tes stupides avis.

(Changeant de ton et très satisfaite d'elle-même .)

Qu'est-ce que tu dis de ma traîne, Hein?

CENDHII.LON 209

CENDRII.LUN, avec une imperi.cptiljle ironie.

Vous avez l'air d'une reine.

MATIIILDE, se rengorgeant.

Une reine? Eh bien, pourquoi pas?

(Elle fait deux ou trois pas solonncllcnicnt, se prend Jaas sa iraiue et manque de tomber. CenJrillon fait un geste pour la secourir ; mais Mathilde, qui s'est redressée, poursuit avec colère :)

Bon, tu mas lait faire un faux pas.

(Au public ;)

Mon Dieu, que cette fille est bête!

BERTHE, voulant la calmer.

Mathilde...

MATIIILDE.

Ah ! tu me romps la tète.

BERTHE, riant.

Ton crâne est fragile.

MATIIILDE, sèchement.

C'est bon.

Je vais attendre, au grand salon, Que l'on avance le carrosse.

(Elle sort par le fond, avec majesté.)

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