SCENE H BEUTHE, CENDUILLON
BERTHE
Mathilde, ce soir, est féroce.
D'ailleurs, elle est toujours ainsi.
CEXDRILLON, indulgente.
Non, pas toujours.
DERTIIE, naïvement satisfaite d'elle-même.
Moi, Dieu merci. Je suis aimable et bonne fille.
Si je n'étais pas si gentille, Ce serait bien triste pour toi.
Dans la maison.
CENDRILLO.N, d'une voix douce.
C'est vrai.
BERTHE, brusquement, après un moment de silence.
Pourcjuoi Ne vas-tu pas au bal ?
CENDRIU.ON, très émue.
Moi?
HEKTIIE, trouvant son idée toute simple.
Dame !
CENDRILLON, se demandant ce qu elle doit croire.
Vous me raillez.
BERTHE
Non, sur mon âme!
Les seigneurs au parler si doux S'empresseraient autour de nous; Toi, tu danserais dans ronice Au milieu des gens de service.
CENDRILLON, déçue.
Je préfère le coin du feu...
(Une courte pause.)
Pourtant je rêve bien un peu De toutes ces magnificences :
Lumières, fleurs, toilettes, danses...
Ce doit être beau?
BERTHE, avec énergie.
Je te crois!
CENDRH.LON, timide et hésitante.
Si vous vouliez, rien qu'une fois, Ma bonne demoiselle lïerthe, Me prêter votre robe verte.
Je verrais le vrai bal du roi...
BERTHE, très brusquement.
Hein"? te prêter ma robe, à toi?
CENDRILLON, suppliante.
Hélas! j'aime tant la musique!
BERTHE, au public.
Ça, par exemple, c'est comique :
Ma robe verte à (lendrillon !...
(Puis, s'adrossant à Ccndrillou avec uiio ironie tranquille :)
Tu peux garder ton cotillon, Ma chère enfant. Il est commode
CP:.\DItILLON 211
Et, (le plus, toujours ;'i la rnofl»'.
Mais j'entends le carrosse. Adieu :
Rêve, ma belle, au coin du feu !
TEllc sort Icfrérement par le fond. Musique ' Cendrillon reste un moment immobile et pensive, puis elle va prendre le peignoir qui est resté sur la cliaisc devant le miroir, le plie et le range. Elle s'approche ensuite de la table à ou\Tagc. qui est à gauche, prés de la cheminée, et reste debout à cette place. Tous ces mouvements ont été faits d'une façon lente et distraite. Cendrillon parle quand la musique s'est tue.)